Chef Romi Razafindrabe du Café Mary (Tanà)
2 août 2026 // Gastronomie // 2937 vues // Nc : 199

Dans l'enceinte de l'Alhambra Gallery, Café Mary s'est imposé comme bien plus qu'une simple cantine de quartier. Ce salon de thé-restaurant aux allures modernes est devenu une adresse prisée d'Ankadimbahoaka et ses alentours — fréquentée d'abord par les professionnels de la galerie, qui abrite de nombreuses sociétés et entreprises, puis par des fins gourmets venus d'ailleurs, parfois de très loin, attirés par la réputation de ses petits plats.

La terrasse de 50 m², dans ce bâtiment à l'architecture contemporaine, pose d'emblée le ton — cosy, conviviale, sans esbroufe. Qu'il s'agisse d'une pause café, d'un déjeuner entre collègues ou d'un repas plus posé, l'ambiance fait une bonne moitié du travail. L'autre moitié revient au Chef Romi Razafindrabe. Un passionné formé sur le tas, dont le parcours a quelque chose d'un roman discret. « Ce n'était pas une carrière envisagée étant petit. C'est mon cousin qui était cuisinier de métier. En 2000, j'étais entré dans la cuisine d'un grand restaurant dans la capitale pour seulement un travail de vacances — et aujourd’hui, seize ans après, je suis encore là », raconte-t-il. Il a commencé comme plongeur, gravi les échelons un à un, côtoyé des chefs étoilés malgaches, allemands, italiens, cambodgiens et d'autres encore. « En matière d'influences, je suis assez tous azimuts. Ce qui m'a amené à être éclectique — je passe d'une spécialité à une autre sans trop de difficulté », confie-t-il avec la sérénité de quelqu'un qui a trouvé sa cadence.

Votre style en cuisine ?
Éclectique, à l'image de mes influences. Mais si je dois simplifier — la cuisine européenne reste ma spécialité de cœur.

Une définition décalée de la cuisine ?
Un métier où l'on ne connaît pas le genre, et où passer les fêtes en famille est presque un luxe. On est débordé exactement quand les autres s'amusent.

Vos ingrédients fétiches ?
Le magret de canard — un produit que j'aime travailler même chez moi. Et pour les fruits de mer, j'ai un faible pour l'esturgeon.

Un produit que vous refuseriez de cuisiner ?
Le soanambo (fruit à pain). J'en ai déjà préparé à la maison, mais je ne le proposerai pas à mes convives. Son goût ne m'inspire pas.

Vous cuisinez à la maison ?
Toujours. C'est une passion, et ma famille s'en réjouit. Manger des plats préparés par le chef de Café Mary — que demande le peuple ? (rires)

Votre plat préféré, le vrai ?
Le ravim-bomanga de ma femme. Je ne sais pas ce qu'elle fait, mais ça déchire. Je pense qu'il y a un enchantement là-dedans.

Ce que vous ne supportez pas dans l'assiette ?
Tout ce qui est trop cuit et vire à la purée — haricot, citrouille, courgette. Manger, c'est d'abord pour les yeux. Les ingrédients doivent exister dans l'assiette, pas disparaître dedans.

Votre boisson préférée ?
L'eau. (rires) Mais j'aime aussi siroter un bon rhum artisanal les jours de farniente. Avec modération, cela va sans dire.

Comment construisez-vous un nouveau plat ?
Je pars des produits de saison, je fais des recherches, j'invente. Je surveille aussi les marchés populaires pour repérer ce qui est disponible — c'est là que tout commence.

À quel rythme renouvelez-vous votre carte ?
Tous les trois mois au plus tôt, six mois au plus tard. Ça dépend des saisons et de ce que le marché propose.

Votre actualité ?
Nous lançons une nouvelle carte ce mois d'août. L'hiver est là, les vacances ont commencé — on se cale sur ce calendrier.

Mousseline de poisson en salade

Ingrédients
- Filet de poisson — 100 g
- Œuf — 1 pièce
- Crème — 25 ml
- Salade — 30 g
- Tomate — ½ pièce
- Cornichon mariné — 5 g
- Oignon mariné — 5 g
- Sel et poivre

Préparation
- Mixer le poisson, ajouter l'œuf et la crème
- Ciseler l'oignon vert
- Mélanger le tout
- Former des boulettes de poisson
- Faire revenir dans une poêle avec peu de matière grasse
- Dresser la salade
- Ajouter la vinaigrette
- Servir

Propositions gourmandes

Tartare d'avocat et crevettes croustillantes
Duo de zébu et betterave en fines tranche
Magret de canard poêlé, pak-choï confit au miel
Ravioli d'ananas aux fruits à la menthe
Laisser un commentaire
no comment
no comment - Madagascar-Türkiye : Au-delà du protocole

Lire

29 octobre 2026

Madagascar-Türkiye : Au-delà du protocole

À Tana Water Front, les drapeaux malgache et turc n’étaient pas là uniquement pour le décor. Ils accompagnaient, ce 29 octobre, une célébration où his...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Mahasahy Afido - Octobre 2026 - NC 201

Découvrez Mahasahy Afido, spécialiste du bonebreaking, dans le no comment® NC 201 – octobre 2026
Un bras se plie à l'envers. Une épaule semble sortir de son axe. Dans la salle, certains se cachent les yeux. Mahasahy Afido, danseur-chorégraphe et spécialiste du bonebreaking, ne fait jamais dans le consensus. En 2026, il présente Mue, son premier solo — une pièce expérimentale sur ce que les jeunes héritent de leurs aïeux, entre torsions spectaculaires et mémoire intergénérationnelle.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir