Bamboo Lodge Comedy Club : Rire assuré !
1 décembre 2024 // Arts de la scène // 5687 vues // Nc : 179

Le Bamboo Lodge Comedy Club est le rendez-vous du rire à Antananarivo. Avec des scènes ouvertes pour permettre aux jeunes humoristes malgaches et aux jeunes talents de s’exprimer, et au public de s’amuser ! Rencontre avec Raytra, le MC de l’événement et Charles Lapeyronie, gérant du Bamboo Lodge à Antsahavola.

Pourquoi le Bamboo Lodge Comedy Club ?
Charles : Le Bamboo Lodge est un endroit d’échanges culturels au-delà d’être un hôtel-restaurant. Àmon retour à Madagascar en janvier, j’ai eu l’idée de lancer le stand-up. J’ai toujours été dans l’oral et dans l’humour. J’ai croisé Raytra, qui, malgré son apparence ;), est très sérieux ! Il est motivé et investipour être le plus grand stand-upper de Madagascar. On a commencé vers le mois de juin, et ça prend de l’ampleur petit à petit. C’est un concept dans l’air du temps, aux Etats-Unis ou en Europe. On a dédié ce lieu au Comedy Club, et on est confiant. On tient à avoir un public franco-malgache, les spectacles sont 50% en malgache et 50% en français.

Comment se déroule une « séance » du Comedy Club ?
Raytra : Tous les stand-uppers de Madagascar sont les bienvenus. Notre objectif, c’est de mettre en avant l’humour, et on aborde tous les sujets. Avant le vrai spectacle, il y a une scène ouverte. Ceux ou celles qui arrivent à tenir 10 minutes participent au prochain spectacle. On fait aussi des petits repérages durant les scènes ouvertes dans d’autres lieux culturels. Le Bamboo Lodge Comedy Club, c’est deux fois par mois, ce sera une fois par semaine à partir de ce mois de décembre, en afterwork tous les samedis de 18h à 20 h.

Une plateforme ouverte à d’autres disciplines ?
Raytra : À part le stand-up, on fait également la promotion des jeunes talents évoluant dans la danse, dans le slam, dans la musique, dans la magie… C’est pour leur donner une visibilité. On commence à voir l’engouement des jeunes et des femmes dans le stand-up.

Charles : Nous invitons les artistes des provinces. Ils peuvent être hébergés ici, au Bamboo Lodge.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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