Azael : La voix, ça se voit !
16 février 2025 // Cinéma // 10147 vues // Nc : 181

Des séries en malgache, on en voit souvent ! Et si l’on arrive à les apprécier, c’est aussi grâce au jeu de celui qui les interprète. Azael prête sa voix aux personnages de séries philippines depuis quatre ans, une passion qu’il a transformée en métier et qu’il livre sans modération sur nos petits écrans.

Sendra Finoana Safaria Randrianarivelo, de son nom d’artiste Azael, aime jouer avec sa voix. Chanteur, il trouve aussi son bonheur dans la reprise des façons de parler et de l’intonation de personnalités malgaches : « J’aime interpréter des voix de différentes personnes comme Rakoto Frah, Sakelidalana, ou des voix de campagnards et de personnes âgées. Je sais également faire la voix d’une femme. En fait, c’est une passion que j’ai transformée en métier. » Mais dans les séries, interpréter, ce n’est pas seulement lire : il faut y ajouter de l’humanité. « Il faut un bon jeu d’acteur : l’intonation, les émotions… Le personnage doit être différent et unique à chaque série. » Azael a déjà joué le personnage principal de plus de huit séries, dont « Los Bastardos », « La Femme légale » ou « La Vida Lena ». « Connor de « Los Bastardos », par exemple, a été le personnage que j’ai le plus apprécié : il a un style un peu « voyou », très direct. J’ai aimé entrer dans son rôle parce que certains aspects de nos personnalités s’accordent. Il a été le premier personnage que j’ai interprété. » Azael passe ses matinées dans son studio, au siège du Scoop Digital, parlant sur des traductions faites en amont par une équipe.

Une journée de travail, pour Azael, ce sont quelques heures passées derrière le micro. Un ordinateur pour lire les traductions, jouer, mais aussi et surtout faire correspondre sa voix à l’image. « On me donne une indication de temps, mais je dois veiller à bien synchroniser la voix et l’image. Il faut souvent changer le texte livré par les traducteurs, pour qu’il corresponde à notre façon de parler au quotidien, qu’il soit naturel et qu’il sonne un peu plus comme une discussion et pas une traduction. »

Avec ses années d’expérience, Azael améliore tous les jours son jeu. « Au début, il fallait regarder les épisodes pour voir les arrêts et la façon de parler. Avec le temps, j’ai appris à m’habituer et à interpréter sans les regarder à l’avance. » Des rôles assignés, l’interprète s’inspire de quelques documents et du synopsis pour donner vie au personnage. « En général, c’est un métier difficile. C’est différent des histoires à la radio où l’on n’entend que la voix : il faut savoir l’accorder au visage à l’écran et à son expression. » Parfois, il se passe des minutes jusqu’à ce qu’Azael et son binôme – technicien du son – trouvent la bonne traduction : il n’y a pas de temps pour s’ennuyer.

Plongé dans le milieu par sa musique, c’est un ami recruteur qui lui a montré le métier. « Déjà dans le métier en tant que chanteur, j’ai participé à une formation sur la voix-off : j’y ai appris les émotions, comment jouer, l’intonation, comment est une voix quand elle est heureuse, en colère ou surexcitée…. Durant la formation, je n’ai joué que pour des rôles de figurant, avant de recevoir des rôles de personnage principal à la fin. » Un métier qui demande patience et polyvalence, interpréter est comme un jeu pour Azael : « C’est un talent que j’ai appris à perfectionner en travaillant. Parfois, il m’arrive d’interpréter en japonais, par exemple, quand il y a une réplique dans cette langue. » Il ne cache pas ses aspirations pour le métier et, si l’occasion se présente, peut-être interpréter pour d’autres occasions ? « La série est déjà assez répandue, il serait peut-être intéressant de revoir nos voix dans des publicités. » Azael reste ouvert aux propositions, et éventuellement, aux films internationaux. De quoi renforcer les capacités d’un, déjà, maître de la voix, de la vie à l’écran !

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 32 61 659 86

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - LeManana guitariste - Mai 2026 - NC 196

Découvrez LeManana guitariste dans le no comment® NC 196 – mai 2026
LeManana puise ses racines dans le beko du Sud de Madagascar pour mieux les mêler aux rythmes d'Afrique et du monde. Quinze ans après ses débuts sur scène, sa world music a déjà traversé les cinq continents. Rencontre avec un artiste qui n’a pas fini de faire voyager la musique malgache.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir