Azael : La voix, ça se voit !
16 février 2025 // Cinéma // 11059 vues // Nc : 181

Des séries en malgache, on en voit souvent ! Et si l’on arrive à les apprécier, c’est aussi grâce au jeu de celui qui les interprète. Azael prête sa voix aux personnages de séries philippines depuis quatre ans, une passion qu’il a transformée en métier et qu’il livre sans modération sur nos petits écrans.

Sendra Finoana Safaria Randrianarivelo, de son nom d’artiste Azael, aime jouer avec sa voix. Chanteur, il trouve aussi son bonheur dans la reprise des façons de parler et de l’intonation de personnalités malgaches : « J’aime interpréter des voix de différentes personnes comme Rakoto Frah, Sakelidalana, ou des voix de campagnards et de personnes âgées. Je sais également faire la voix d’une femme. En fait, c’est une passion que j’ai transformée en métier. » Mais dans les séries, interpréter, ce n’est pas seulement lire : il faut y ajouter de l’humanité. « Il faut un bon jeu d’acteur : l’intonation, les émotions… Le personnage doit être différent et unique à chaque série. » Azael a déjà joué le personnage principal de plus de huit séries, dont « Los Bastardos », « La Femme légale » ou « La Vida Lena ». « Connor de « Los Bastardos », par exemple, a été le personnage que j’ai le plus apprécié : il a un style un peu « voyou », très direct. J’ai aimé entrer dans son rôle parce que certains aspects de nos personnalités s’accordent. Il a été le premier personnage que j’ai interprété. » Azael passe ses matinées dans son studio, au siège du Scoop Digital, parlant sur des traductions faites en amont par une équipe.

Une journée de travail, pour Azael, ce sont quelques heures passées derrière le micro. Un ordinateur pour lire les traductions, jouer, mais aussi et surtout faire correspondre sa voix à l’image. « On me donne une indication de temps, mais je dois veiller à bien synchroniser la voix et l’image. Il faut souvent changer le texte livré par les traducteurs, pour qu’il corresponde à notre façon de parler au quotidien, qu’il soit naturel et qu’il sonne un peu plus comme une discussion et pas une traduction. »

Avec ses années d’expérience, Azael améliore tous les jours son jeu. « Au début, il fallait regarder les épisodes pour voir les arrêts et la façon de parler. Avec le temps, j’ai appris à m’habituer et à interpréter sans les regarder à l’avance. » Des rôles assignés, l’interprète s’inspire de quelques documents et du synopsis pour donner vie au personnage. « En général, c’est un métier difficile. C’est différent des histoires à la radio où l’on n’entend que la voix : il faut savoir l’accorder au visage à l’écran et à son expression. » Parfois, il se passe des minutes jusqu’à ce qu’Azael et son binôme – technicien du son – trouvent la bonne traduction : il n’y a pas de temps pour s’ennuyer.

Plongé dans le milieu par sa musique, c’est un ami recruteur qui lui a montré le métier. « Déjà dans le métier en tant que chanteur, j’ai participé à une formation sur la voix-off : j’y ai appris les émotions, comment jouer, l’intonation, comment est une voix quand elle est heureuse, en colère ou surexcitée…. Durant la formation, je n’ai joué que pour des rôles de figurant, avant de recevoir des rôles de personnage principal à la fin. » Un métier qui demande patience et polyvalence, interpréter est comme un jeu pour Azael : « C’est un talent que j’ai appris à perfectionner en travaillant. Parfois, il m’arrive d’interpréter en japonais, par exemple, quand il y a une réplique dans cette langue. » Il ne cache pas ses aspirations pour le métier et, si l’occasion se présente, peut-être interpréter pour d’autres occasions ? « La série est déjà assez répandue, il serait peut-être intéressant de revoir nos voix dans des publicités. » Azael reste ouvert aux propositions, et éventuellement, aux films internationaux. De quoi renforcer les capacités d’un, déjà, maître de la voix, de la vie à l’écran !

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 32 61 659 86

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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