Andria : Une pop caméléon
9 mars 2025 // Musique // 8195 vues // Nc : 182

Entre rage rock, envolées classiques et rythmes malgaches, Andria bouscule les frontières musicales. Installé à Londres après un parcours de Madagascar à la France, l’artiste compose une pop vibrante, nourrie d’influences multiples, de Bach à Rage Against the Machine. Engagé et audacieux, Andria défend une musique sans étiquette, à la fois puissante et inclusive. Rencontre avec un musicien qui fera encore dialoguer les cultures et les genres dans un album prévu cette année.

Ton parcours de Madagascar à Londres influence-t-il ta musique ?
Bien que je sois heureux de vivre en Europe, Madagascar me manque énormément ! On réalise vite que l’art est un moyen peu coûteux de voyager à travers le temps et l’espace. Après vingt ans en tant qu’étranger, j’ai la chance d’avoir une vision plus ouverte. On voit aussi comment une loi abrogée ici peut coûter des vies ailleurs. Nous aspirons tous à un monde plus juste et plus uni, et c’est cette vision que j’essaie de traduire dans ma musique.

Comment ta formation au conservatoire influence-t-elle ta pop ?
Je suis reconnaissant pour ces années d’apprentissage ! Mais le plus dur n’est pas de savoir jouer, c’est de trouver ce qu’on veut vraiment dire. Aujourd’hui, la musique classique brise ses propres règles tandis que la pop les suit à la lettre. Avoir appris ces règles permet justement de les contourner et de repousser les limites d’une pop parfois trop formatée.

Tes influences vont de Rage Against the Machine à Bach en passant par Madagascar. Comment les intègres-tu ?
J’essaie de rendre hommage à toutes mes inspirations avec respect. Partout où il y a des gens, il y a de la musique incroyable ! C’est une langue universelle. Mes parents m’ont appris que tous les genres sont liés. La pop, ce n’est pas juste de la musique « populaire », c’est une musique pour et par tout le monde. Comme avec les rencontres humaines, il faut dépasser la surface et voir ce qui unit ces sons.

Comment fais-tu de la pop un genre inclusif, au-delà de la musique ?
Ma vidéo YouTube sur le général Gallieni a été supprimée pour « infraction politique ». On profite de ces plateformes, mais leur censure et leur manque de transparence sont révoltants. À l’ère de la désinformation, il faut chercher les faits vérifiables. Si militer pour un monde plus juste dérange, alors continuons à le faire !

Comment définirais-tu ton style musical et ton esthétique ?
Difficile de parler de soi sans paraître égocentrique ! Avec le temps, on comprend que le style n’est pas l’allié de la sincérité. Sans renier mes influences, j’espère que l’évolution sera une constante. Aujourd’hui, on peut enchaîner Metallica et Taylor Swift dans une playlist et c’est génial ! Qui ne rêverait pas d’un album où cohabitent Hira Gasy, pop, rock, classique et jazz ?

Tes morceaux « Gallieni » et « Liberty » traduisent-ils un engagement récurrent ?
Bien vu ! Toute œuvre est engagée, d’une manière ou d’une autre. L’an dernier a été une belle année pour moi, c’est peut-être pour ça que j’ai eu envie d’écrire sur la liberté et la société plutôt que des chansons plus intimes. Malgré le climat politique tendu, on a aussi besoin de légèreté et d’optimisme. Parfois, il faut juste rire un bon coup !

Des projets à venir ?
Merci de demander ! Je termine mon album qui sortira cette année, avec des clips stylés et des concerts à Londres. « I (One) » aura un son massif : chœurs, cordes orchestrales, solos de guitare épiques et synthés 80’s. J’ai hâte de le partager avec vous !

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Spotify: Andria
Instagram : andriafeed
Photos : Andria

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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