Ando Nomenjanahary « L’environnement, un enjeu pour l’Enfance »
8 novembre 2021 // Assos // 8334 vues // Nc : 142

Trente après la ratification de la Convention internationale des droits de l’Enfant, les avancées sur le terrain restent mesurées. Cette année, toutefois, l’environnement s’invite au débat car la protection de l’Enfance relève d’une réflexion d’ensemble, estime Ando Nomenjanahary, présidente de la Plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE).

Qu’en est-il de la condition de l’Enfance à Madagascar depuis la signature de la Convention internationale de 1991 ?
Trois décennies ont passé et des millions d’enfants, à Madagascar comme partout dans le monde, n’ont toujours pas accès à leurs droits. Le pays a fait de son mieux pour respecter les termes de cette convention, mais la situation demeure critique. Bon nombre des droits énoncés dans ce texte sont encore bafoués aujourd’hui : trois-quarts des enfants enregistrés n’ont toujours pas d’acte de naissance (MICS 2018), beaucoup n’ont pas d’accès à l’eau potable, ne vont pas à l’école, ne bénéficient pas de soins médicaux et subissent des violences de toutes sortes.

Vous estimez que l’action de l’État doit être complémentaire à celle de la société civile…
Les institutions étatiques comme les organisations de la société civile se démènent pour améliorer la situation et mettre en place un environnement

plus sain et sécuritaire. Madagascar a ainsi aujourd’hui tout un panel de lois garantissant le respect des droits de l’Enfant : l’accès aux droits à l’identité (LOI n° 2018-027 relative à l’état-civil), la prise en charge des enfants sans appui parental (LOI n° 2017–014 relative à l’adoption), la protection des enfants en conflit avec la loi (LOI n° 2016 -018 relative aux mesures et à la procédure applicable aux enfants en conflit avec la loi). De leur côté, les organisations de la société civiles agissent sur le terrain en termes d’éducation, de sensibilisation, de prises en charges et d’accompagnement.

Qui sont les associations membres de votre plateforme ?
Nous regroupons 59 organisations de la société civile d’Analamanga, œuvrant directement ou indirectement depuis treize ans dans le domaine de l’enfance. Parmi nos adhérents, on trouve des organisations internationales ou nationales aussi bien que des organisations locales ou de quartiers. S’allier pour mieux s’entraider avec sept types de bénéficiaires : les enfants en situation de handicap, les enfants en situation de rue, les enfants en conflit avec la loi, les enfants victimes d’abus et d’exploitation, les enfants en milieu de remplacement ou sans appui parentales, les enfants ayant des problèmes de santé et de nutrition et les enfants non scolarisés ou avec des besoins de soutien scolaire.

« Trois-quarts des enfants n’ont toujours pas d’acte de naissance »

Cette année, vous ajoutez l’environnement à vos préoccupations…
La Journée internationale des droits de l'Enfant sera célébrée ce 20 novembre 2021 et pour marquer le coup, la PFSCE désire mettre en avant cette année l'importance du droit de chaque enfant à un environnement sain. La vulnérabilité de Madagascar face aux changements climatiques nous pousse à faire de l'éducation environnementale un élément incontournable de notre action. Pour l’occasion, nous organiserons une journée de reboisement à Andramasina avec 1 000 enfants pris en charge et 200 éducateurs. Elle sera accompagnée d’animations visant à sensibiliser les enfants pour qu'ils deviennent à leur tour des catalyseurs de changement. En les informant sur l'écosystème et en les rendant solidaires face aux défis environnementaux du pays, ils pourront contribuer activement à leur niveau à la résolution des problèmes environnementaux mais aussi socio-économiques, car tout et lié.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Lire

5 octobre 2026

Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Nirina Poiron, co-fondatrice de ViD'EO — plateforme malgache de vente et d'achat d'articles de seconde main entre particuliers, inspirée du modèle Vin...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir