Tsenaow : Zéro plastique
5 janvier 2021 // In & Out // 5033 vues // Nc : 132

Sensibilisées à l’écologie très jeunes, Jossie et Joëlle Randriamiandrisoa se sont lancées dans l’aventure zéro déchet avec leur entreprise Tsenaow (prononcer « tsenaou), la contraction de Tsena et zero waste (OW). Elles fabriquent des cosmétiques solides de façon artisanale comme les soins du corps, de cheveux, du visage, des shampooings, des savons saponifiés à froid, des accessoires réutilisables pour remplacer le tout-jetable sans utiliser d’emballage en plastique.

« Le zéro déchet n'est pas qu'un moyen de se faire de l'argent mais une philosophie et un esprit que nous essayons d'adopter autant que possible dans notre démarche. Nous échangeons continuellement sur ce qui est zéro déchet et ce qui ne l'est pas, et au-delà de la problématique des déchets, nous réfléchissons à l'aspect santé, à l'empreinte carbone de nos produits, à la fin de vie des rares emballages que nous utilisons lorsque c'est indispensable, à réutiliser les chutes pour faire en sorte au maximum que nos produits soient éco-conçus. » Un de leurs produits phares reste la culotte menstruelle, fabriquée entièrement à Madagascar. Une culotte comportant une partie absorbante qui recueille le sang et protège contre les fuites. Une solution contre les protections hygiéniques jetables qui constituent une source de déchets à travers le monde. « Le concept surprend souvent la première fois qu’on en entend parler mais à l’utilisation, quasiment toutes celles qui l’utilisent ne peuvent plus s’en passer. Nous avons eu des retours de nos utilisatrices qui nous disaient que nous avions changé leur vie. C’est notre plus grande satisfaction. »


Page réalisée par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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