The Ring : Un cercle artisanal
13 juillet 2025 // Cinéma // 5860 vues // Nc : 186

À Antananarivo, trois jeunes passionnés de cinéma signent un thriller fantastique aussi sombre qu’ambitieux : The Ring. Tourné dans une maison abandonnée, le film plonge un groupe d’amis dans un monde parallèle où la mort rôde à chaque détour. Avec peu de moyens mais beaucoup d’audace, l’équipe parie sur la peur… et sur la force du cinéma fait maison.

Un vent froid souffle sur Ambohipo. Une maison abandonnée, un couloir qui craque, des ombres qui bougent sans logique… et cette étrange bague qui ouvre un passage vers une autre époque. Un autre monde. Là où la mort s’invite sans frapper. Là où l’amitié devient un piège, et où les années s’effacent pour mieux piéger les âmes. The Ring – aucun lien avec le film de Gore Verbinski – est un thriller psychologique, nerveux et hanté, réalisé par trois passionnés de cinéma qui ont décidé de provoquer les démons, avec une caméra, un micro, et beaucoup d’audace.

Elio Christian Tsima, Basil Njaranirina et Yves Jinisky Be n’avaient pas d’argent, mais ils avaient une vision. Alors ils ont tout fait eux-mêmes. Scénario, tournage, montage, son, effets… Une aventure artisanale, tournée en deux mois dans des lieux qui suintent la légende urbaine. À Ambohipo, sur le plateau, des rumeurs de monstres circulaient. « On priait tous les jours. Le décor faisait flipper pour de vrai », raconte Elio, mi-sérieux, mi-amusé. Et c’est dans cette ambiance qu’est née The Ring, inspirée de ces lieux chargés de peur et de mémoire.Dans le film, Oleck, garçon tranquille, bascule avec ses amis dans un monde parallèle. L’année 1996, choisie comme époque de ce cauchemar, colle à l’esthétique un peu crasseuse et brumeuse du thriller malgache que le trio tente de créer. « Faire peur, ce n’est pas juste crier », précise Yves Jinisky. « C’est savoir faire réagir un acteur à ce qui n’existe pas encore. Jouer la terreur quand le monstre est dans ta tête », rajoute Basil Njaranirina.

Trois cerveaux, trois paires de bras. Elio Christian s’occupe du montage et de la voix-off, Basil assure le cadrage et le maquillage, Yves s’attelle au son. Et tout ça, avec un budget quasi inexistant. Sept mois de préparation, des économies personnelles, des castings et des formations maison pour les acteurs. On est loin des studios californiens, mais l’envie est là, solide comme un cri dans la nuit. Derrière ce film, il y a aussi Youth Corporation, leur boîte, leur laboratoire, leur rêve. Et une ambition de faire voyager The Ring à travers Madagascar, de province en province, pour réveiller le cinéma de genre dans l’île. Une suite est déjà en chantier. Mais surtout, une idée circule. « On peut créer du cinéma ici, avec ce qu’on a, même quand on n’a presque rien », comme le clamment les trois cinéastes d’Ambohipo.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 38 82 764 68

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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