Taninjanaka : L’ironie en stock
15 août 2025 // Assos // 3783 vues // Nc : 187

Éduquer sans ennuyer. Telle est l’ambition de l’ONG Ivorary avec Taninjanaka, la plateforme numérique lancée en 2022. Ici, les droits citoyens s’enseignent à coups de contenus percutants qui flirtent parfois avec l’ironie. Humour noir, conscience éclairée ?

Un tuto ironique pour apprendre à corrompre sans finir en prison. Un sketch grinçant sur une famille misérable qui attend la visite d’un « tonton Mac ». Des bulletins télévisés parodiques pour revisiter l’actualité malgache… À première vue, les contenus de Taninjanaka pourraient rappeler ceux de certains influenceurs.

Mais la comparaison s’arrête là. Ici, une équipe conçoit chaque semaine des formats pensés pour éclairer un thème précis. « Le contenu découle toujours d’un travail collectif : ce sujet se prête-t-il mieux à un micro-trottoir ? à l’ironie ? », explique Andrianalimanana Jao Mahajarisoa, responsable communication de l’ONG Ivorary, à l’origine du projet.

Fondée en 2015, Ivorary s’est donnée pour mission de faire respirer la bonne gouvernance et la transparence à Madagascar. L’ONG tisse des liens entre citoyens, pouvoirs publics et entreprises, en intervenant dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé, la justice ou l’accès à l’eau. Son credo : renforcer la participation citoyenne et redonner souffle à des services publics plus efficaces. Avec Taninjanaka, lancée en 2022, elle s’adresse directement aux 15-35 ans là où ils se trouvent : sur les réseaux sociaux.

Citoyenneté, culture, droits humains, économie, justice, sujets de société… Des thèmes sérieux, portés par un ton ludique et des codes web qui captent l’attention et éveillent les consciences. Succès oblige, un podcast est venu enrichir le feed en juillet dernier.

Mais derrière l’humour et les formats percutants, la plateforme poursuit une ambition claire : éveiller une conscience citoyenne. Informer, éveiller, engager puis influencer – telle est la démarche revendiquée par l’équipe. « Une fois conscientisés, les jeunes savent reconnaître une situation anormale, comme l’inaccessibilité à l’eau potable, et osent en parler, interpeller ou sensibiliser leur entourage », souligne Mahajarisoa. L’idée : des jeunes mieux informés sauront ce qui leur est dû en tant que citoyens, mais aussi leur rôle dans la vie collective. Et Taninjanaka ne s’arrête pas aux écrans. Cafés-débats, événements culturels, publireportages… L’équipe multiplie les espaces de dialogue pour inciter les jeunes à discuter, confronter leurs idées et questionner ce qui les entoure.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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