Soa Ravelo : Aux sons de l’océan Indien
14 décembre 2024 // Musique // 12687 vues // Nc : 179

On la connaît dans le milieu culturel réunionnais pour sa « mozika tsisy fefy » (musique sans frontières). Les nouveaux territoires de la chanteuse et auteure-compositrice franco-malgache ? Des morceaux sur la Femme et le passage sur terre. Comme quoi l’océan Indien, sa source d’inspiration, n’est pas que du vent et de la mer, c’est tout un esprit qu’elle traduit en musique.

En trois minutes et cinquante-neuf secondes, son clip « Ny Ampela » (La Femme) raconte le combat des femmes. Il n’est pas exagéré de parler de combat : la vidéo sortie le 25 septembre dernier montre deux tribus qui s’entraînent avec des lances. Les centaines de participantes survivent dans les montagnes volcaniques et les plaines de sable à La Réunion. Les deux cheffes de tribu, Soa Ravelo et Katy Toave du groupe Simangavole, se font ensuite face à face pour l’ultime bataille. Mais alors que leurs guerrières vont s’affronter, les deux cheffes croisent leurs lances pour faire la paix, et les deux groupes ne font plus qu’un. Changement de décor : les femmes célèbrent une cérémonie, dans une demeure majestueuse où trônent les deux cheffes, puis dans un lieu de culte. Elles portent du Katy Toave, des tenues exubérantes, un brin traditionnel ; le tout sur un rythme maloya, la musique des esclaves de La Réunion.

Avec une musique, une géographie et des looks propres à l’océan Indien, le clip pourrait être un stéréotype. Pourtant, il illustre tout le propos de Soa Ravelo : tout montrer de cet espace qui lui a tant manqué. Elle a grandi dans une famille malgache où on aime chanter. À sept ans, elle a performé avec Barbara Hendricks de l’orchestre de Biélorussie à La Réunion. Les retours positifs qu’elle a reçus en interprétant ses compositions l’ont amené à poursuivre la musique. « Quand on doit quitter son chez soi, son paradis natal pour aller faire des études dans le froid terrible des pays nordiques, on se rend bien compte de la chance et de la douceur de vivre qu’il y a sous nos tropiques. Se sentir déracinée pour mieux s’enraciner par la suite, et donc partir pour mieux s’équiper et mieux revenir a toujours été mon crédo. Aujourd’hui j’aime chanter la beauté de chez nous, car il y a encore tant à dire et à faire à son sujet ».

Pour chanter cette beauté, Soa Ravelo ne se cantonne pas à un seul genre. Des titres comme « Tsy ho folaka », « Rotsy », « Mamako e », et plus récemment « Ny Ampela » et « Fandalovana » voguent sur les musiques actuelles, du jazz jusqu’aux musiques du monde. « À ma façon j’essaie de rendre hommage à ma terre d’origine en intégrant au plus possible des textes écrits en Malagasy, en puisant soigneusement dans les trésors de chez nous ce qui pourrait sublimer encore plus ma musique. » Elle puise beaucoup de ses messages dans les sagesses populaires et spirituelles malgaches. Sa prestation cherche toujours à communiquer au mieux les thèmes de nos racines, du chemin de l’âme et des conditions de l’âme. « Je cherche l’être humain en moi quand je chante, car on a tous une fibre, une couleur, un message différent à exprimer. J’aime chanter la véracité du moment et c'est ce qui m’anime le plus dans ce que j’ai à exprimer à cet instant T. J’aime cultiver cette unicité et cette transparence qu’on a tous en tant qu’être humain ».

Mpihary Razafindrabezandrina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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