Real Men Madagascar : Homme sweet homme
20 décembre 2025 // Assos // 1867 vues // Nc : 191

Née la même année que le mouvement #MeToo, l’association Real Men Madagascar célèbre sa huitième année avec un premier « Real Men Movement » à Fianarantsoa (19-26 novembre) et le lancement du projet Dimby, pour responsabiliser les hommes dans la planification familiale. Pour Koloina Andrianjatovo, vice-présidente, promouvoir la masculinité positive est un levier efficace contre les violences basées sur le genre.

Qu’entend-on par masculinité positive ?
Le concept n’a rien d’une définition de dictionnaire. Il est mouvant, vivant, un peu comme ces idées qui se construisent en marchant. Le fondateur de Real Men Madagascar souhaitait surtout encourager les hommes à assumer pleinement leurs responsabilités, car lorsqu’un homme prend sa place de manière juste, la famille — et donc la société — avance. Pour simplifier, on oppose souvent cette approche à la masculinité toxique : l’usage du pouvoir masculin pour blesser, dominer, réduire. Les stéréotypes qui interdisent aux hommes de pleurer ou les obligent à « tout gérer » entrent dans cette catégorie. La masculinité positive, à l’inverse, invite à utiliser cette influence pour se développer soi-même et faire grandir les autres. En clair : un homme qui s’élève sans écraser.

Comment traduire cette philosophie dans la réalité ?
L’association multiplie les outils : conférences, sensibilisations, campagnes. Leur événement phare, le Real Men Movement, s’étale sur une ou deux semaines et rallie de plus en plus de jeunes.

Le programme Taratra, lui, cible les adolescents dans les lycées : d’abord au Lycée Moderne Ampefiloha, puis à Akamasoa, Ankazobe, 67 Ha, Vontovorona et d’autres partenaires. Les jeunes hommes constituent le cœur de cible ; ce sont eux qui porteront la prochaine génération de comportements.

Cette année, le projet Dimby marque un tournant : il responsabilise les pères dans la planification familiale, à travers des descentes de terrain et des échanges directs avec les ménages — une approche que Koloina décrit presque comme « un retour essentiel aux foyers ».

Et le Real Men Movement en dehors d’Antananarivo ?
L’événement a toujours mêlé conférences et actions concrètes, comme des opérations d’assainissement. En 2019, l’équipe avait sillonné plusieurs centres, animé des discussions au Lycée Moderne Ampefiloha et mené des interventions à l’Akany Avoko Bevalala ainsi qu’auprès de personnes sourdes-muettes. Durant le confinement, la mobilisation s’est déplacée sur les réseaux sociaux, en vidéo, avec l’appui de personnalités influentes. Puis, une fois la crise passée, une grande conférence au Skate Park Antanimena avait remis le mouvement sur les rails, autour d’un thème encore tabou : les émotions des hommes. Cette fois, Fianarantsoa devient la scène principale : une semaine d’activités, dont un concours de vidéos accompagné de formations sur le montage, l’égalité de genre et les violences basées sur le genre.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Real Men Madagascar

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Novegasy Awards 2026 : Le cinéma malgache à l’honneur

Lire

19 mars 2026

Novegasy Awards 2026 : Le cinéma malgache à l’honneur

Canal+ Madagascar a célébré le cinéma national à l’occasion des Novegasy Awards 2026, organisés lors d’une soirée placée sous le thème de la « royauté...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Making of shooting mode – mars 2026 – NC 194

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition mars 2026 - NC 194
Prise de vue : Is'Art Galerie Ampandrianomby, Café Mary Ankadimbahoaka
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole 
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Anthema, Deraina, Mitia, Christelle, Faniah, Narindra, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir