Orphelia Arilala : « Ma plus grande influence vient de l'art-thérapie »
3 novembre 2022 // Arts Plastiques // 5138 vues // Nc : 154

« Je me considère en construction identitaire », reconnaît-elle volontiers. Avec l’encre de Chine, Ophélia Ariala exprime ses émotions. Au fil de ses pensées, des formes se créent et ses dessins peu à peu prennent vie. Un Rorschach intime où tout son être est en éveil.

Dessiner à l’instinct ?
J’ai vécu dans une maison en bois et avec mon regard d’enfant, je m’amusais à deviner les formes un peu abstraites sur le bois pour en faire des dessins. Mes cahiers d’écolier en étaient remplis et l’encre noire est restée le médium avec lequel je suis le plus à l’aise. Je dessine des figures aléatoires qui peu à peu prennent forme, finissent par dire quelque-chose, un peu comme en thérapie. Je n’ai jamais vraiment appris le dessin réaliste, au début par manque de volonté mais aussi pour le mal que j’ai à m’exprimer quand c’est trop carré. Mes dessins traduisent des émotions, des états d’âme, des choses non palpables que j’essaie de faire fusionner avec la réalité.

Peut-on parler d’art brut ?
Je ne me vois pas un style en particulier. Certains disent qu’il y a du Schiele ou du Matta dans mes dessins, c’est flatter mais ma plus grande influence a été un patient rencontré lors d’un stage en art-thérapie.

Après le bac, je me suis orientée vers des études en psychologie pendant trois ans, en m’intéressant beaucoup aux enfants, comme accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) ou en animant des ateliers d’art dans le primaire. Je leur dois à tous un regard nouveau sur la vie.

Pouvez-vous nous parler de l’exposition collective « Fahafahana Maneho » ?
Fahafahana Maneho (Expression libre) est né d’une visite nocturne au domicile de Donné Vonjy à Alasora. Ayant ressenti une connexion particulière avec ce lieu, nous avons décidé d’y faire quelque chose ensemble. Le matériel recueilli nous a incité à en faire une exposition, avec le concours d’autres artistes et designers comme Jo Aina, Olivia Bourgois, Chloé Bourhis, Tsiriniana Irimboangy, Marie Malvasio, Andy Rasoloharivony, Fitiavana Ratovo... Comme son nom l’indique, Fahafahana Maneho vise à l’expression libre ; on s’est donné carte blanche en fonction de nos différentes identités, tout en s’imprégnant du lieu. Le résultat, huit approches différentes et pourtant en harmonie.

Les projets ?
En ce moment, j’essaie d’autres supports comme le bois, le fil de fer, voire les mots. J’ai besoin de sortir de ma zone de confort, j’estime être une artiste en construction identitaire. Nous avons aussi fondé un collectif d’artistes Les Recycl’arts où l’art est abordé vu comme un partage. Nos premières actions ont été centrées sur les femmes, notamment à mobilité réduite, au travers d’ateliers dans les EPP (écoles publiques).
Nous avons aussi fondé un collectif d’artistes Les Recycl’arts où l’art est abordé vu comme un partage. Je dirais qu’on va retravailler les rues d’aujourd’hui pour en faire les chemins de demain.


Propos receuillis par Aina Zo Raberanto

Invariable
Encre noire sur papier.
14,8 x 21 cm
Crampon de pensées
Encre de Chine sur papier.
14,8 x 21 cm
Un pas de sens
Encre de Chine sur papier.
29,7 x 42 cm
Extrait d'un labyrinthe
Encre de Chine sur papier.
42 x 29,7 cm





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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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