Omena : Cinq ans à prévenir l’abus émotionnel
8 octobre 2024 // Assos // 5693 vues // Nc : 177

L’ONG Omena fait partie des 12 projets qui ont reçu le « iF SOCIAL IMPACT PRIZE » 2024, un prix international attribué aux projets qui contribuent à notre société. En effet, depuis 2019, Omena a formé 275 éducateurs communautaires. Leur mission ? Prévenir l’abus émotionnel grâce à l’apprentissage socio-émotionnel. Après avoir accompagné 1 000 enfants, la fondatrice et directrice exécutive Francesca Raoelison veut toucher plus de personnes.

Les débuts de Omena ?
En 2019, pendant mes études en psychologie, sociologie et entrepreneuriat, et grâce à One Love Foundation, Educate To Empower, et le Social Emotional Learning Institute, nous avons traduit et créé un programme d'intelligence émotionnelle adapté à Madagascar. En parallèle, j'ai suivi des formations qui m'ont aidée à mieux comprendre l'abus émotionnel et l'intelligence émotionnelle. Après être passée par un incubateur à Brown University, j'ai publié une vidéo sur les réseaux sociaux pour présenter Omena, notre vision et les problématiques que nous abordons. La vidéo a été massivement partagée, surtout à Madagascar, et c'est ainsi que des personnes ont rejoint l'organisation de manière très organique.

Justement, qu’est-ce que l’abus émotionnel ?
L'abus émotionnel englobe la violence verbale, émotionnelle et psychologique, comme le rabaissement, l'invalidation des émotions, le contrôle et la manipulation, répétés.

Il résulte d'un système d'oppression établi par la société, créant une relation entre oppresseur et oppressé. À Madagascar, le colonialisme et le patriarcat sont deux des principaux systèmes d'oppression, transmettant cette violence de génération en génération, créant des traumas intergénérationnels et causant une dérégulation émotionnelle. Lorsque nous ne pouvons pas exprimer sainement des émotions comme la frustration ou la colère, cela mène à des comportements blessants, voire à de la violence physique. Contrairement à l'abus physique, l'abus émotionnel est invisible, mais il affecte gravement la perception de soi et la santé mentale.

Comment le prévenir ?
Nous prévenons l’abus émotionnel à travers des sessions de sensibilisation, des formations, et des curriculums sur l’intelligence émotionnelle. Nous commençons par former des éducateurs communautaires pendant six mois. Ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, sont formés à reconnaître et comprendre l’abus émotionnel : ils apprennent à nommer leurs émotions, à développer de l'empathie, à créer un espace bienveillant, et à engager des conversations difficiles. Cette approche est enseignée dans le cadre de notre communauté de pratique. Durant six mois, ils se réunissent les weekends et mettent en pratique les outils fournis par Omena. Ensuite, ils interviennent dans les écoles auprès des enfants de 8 à 12 ans, un âge où le cerveau est plus malléable. Nous intervenons également dans les universités, à travers des conférences, ainsi que dans les entreprises privées.

Pour quel résultat ?
L'impact est palpable chez nos éducateurs communautaires, qui sont les catalyseurs du changement et pour qui tout commence par un travail sur eux-mêmes. Du côté des enfants, les retours montrent qu’ils sont plus motivés, commencent à s'ouvrir davantage entre eux et osent même discuter avec leurs enseignants. Nous recueillons également des retours des parents, enseignants, et directeurs d’école pour comprendre comment la dynamique avec les élèves a évolué. Certains directeurs constatent une réelle différence entre les élèves ayant suivi l’apprentissage socio-émotionnel, en particulier ceux de 8 à 12 ans, et ceux qui ne l’ont pas suivi : il y a moins d’élèves perturbateurs. Nous les accompagnons tout au long de l’année. Durant nos sessions de sensibilisation, nos enquêtes montrent une prise de conscience chez la majorité de l'audience.

Et pour la suite ?
Notre objectif est de former davantage d’éducateurs afin d’étendre notre impact dans les secteurs public et privé, ainsi que de répliquer notre modèle dans les 23 régions de Madagascar. Nous sommes actuellement en discussion avec différents Ministères pour faciliter l'accès à toutes les régions. Nous allons recruter de nouveaux éducateurs d'ici la fin de l'année, et nous vous invitons à nous suivre sur Omenamovement pour rester informés.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Mail : info@omenamovement.org

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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