Ravinala Design : Invitation au voyage
9 février 2020 // Mode & Design // 9358 vues // Nc : 121

Ramener un peu de Madagascar en Europe, c’est le défi de Vony Rakoto, créatrice de la marque Ravinala Design. Ses différents objets de création sont des invitations au voyage mêlées au savoir-faire artisanal malgache.

Après un cursus en formation professionnelle de décoration d’intérieur, Vony Rakoto se lance dans l’entrepreneuriat en créant Ravinala Design en 2012. Un clin d’œil à l’arbre du voyageur. « Au départ, j’offrais des prestations de services pour la décoration d’intérieur et événementielle. Mais comme le domaine est saturé, il était difficile de se faire un carnet d’adresses. Mes formateurs m’ont demandé ce qui me distinguait des autres prestataires. Et c’est là que j’ai eu l’idée de produire mes propres créations, une valeur ajoutée à mes prestations. » En 2014, Vony Rakoto lance ainsi la première collection d’objets pour la décoration d’intérieur et l’art de la table. Des bougeoirs, des cadres, des mugs, des vases, des ronds de serviettes…

Les créations sont un mélange de tradition et de modernité à travers l’utilisation de matériaux naturels comme le bois, le raphia, la corne de zébu ou encore le sisal.

« Je propose à la fois des objets basiques de la déco comme les plateaux, les coussins, les tableaux… mais aussi des objets lifestyle tels que les mugs en céramique, émaillés, de la papeterie décorative, des affiches… le tout agrémenté de conception graphique. » Débordante de créativité et à l’écoute des tendances actuelles, la jeune femme essaie autant que possible de proposer des objets qui répondent aux besoins des consommateurs d’aujourd’hui, à savoir : multifonctionnels, modulables et épurés. Par exemple, les bougeoirs Piro et Bolonga sont réversibles et s’adaptent aussi bien aux bougies plates et longues alors que les bougeoirs Mifameno, modulables, se placent au gré des envies avec différentes possibilités de formes.

Le choix des noms donnés à ses objets n’est pas anodin. « Je leur donne des noms malgaches parce que mes créations et moi-même sommes malgaches. C’est aussi une belle façon de découvrir la richesse de notre langue. Une richesse linguistique que j’ai découverte grâce à mon père, passionné d’histoire et de langue malgache. Je lui montre les croquis de mes créations et il me donne les mots qui les décrivent à la perfection. En même temps, je découvre des mots que je ne connais pas ! » Bien que les objets soient pensés pour apporter une dimension décorative et fonctionnelles, ils ont aussi pour but de repenser l’artisanat malgache autrement.

Si les étapes de conception de déroulent à Marseille, les croquis sont envoyés aux artisans à Madagascar. « Le prototype est renvoyé à Marseille. Nous faisons alors les dernières rectifications puis nous lançons la confection. Que des pièces uniques ou des petites séries en éditions limitées ! » Pour la créatrice, il est important de contribuer au développement de l’activité des artisans locaux à travers des collaborations sur le long terme, toujours dans une démarche de développement durable. « Je pense mettre en place notre propre atelier à Madagascar pour créer des emplois et faire vivre des familles d’artisans. Mais j’ai aussi un projet de créer un concept store (magasin concept) de créateurs malgaches à Marseille. Un lieu pour promouvoir les talents, partager et faire découvrir notre culture, notre pays que ce soit dans la musique, la gastronomie, l’artisanat. Madagascar a tout pour plaire ! »

Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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