Lova : Un succès collectif
4 septembre 2020 // Cinéma // 6496 vues // Nc : 127 - 128

Vouloir, c’est pouvoir. L’équipe de Gasy Studio Lab l’a prouvé avec « Lova », feuilleton télévisé diffusé sur la chaîne éphémère de « Canal+ Madagascar », « Novegasy ». L’accueil du public est plutôt positif. Petite virée dans les coulisses.

Fin juillet, Canal+ Madagascar annonce la diffusion prochaine de Lova sur sa page Facebook. Avec l’affiche comme seul indice, rien ne permettait de deviner ce que pouvait réserver ce feuilleton réalisé par Toky Randriamahazosoa de Gasy Studio Lab. Quelques semaines ont suffi pour voir s’en faire une première idée. Le film touche  non seulement son public mais le bouscule. Empruntant les codes narratifs et visuels de la télénovela, il veut briser les stéréotypes autour du label « filma gasy » à forte conotation péjorative.

Ce feuilleton de 120 épisodes répartis en deux saisons raconte l’histoire de Lova, une étudiante partie à l’étranger pour poursuivre ses études et contrainte de rentrer au pays pour s’occuper de sa mère tombée dans le coma. Sur place, elle est confrontée au mystère qui plane sur sa famille. Une histoire presque banale mais qui innove dans la narration et dans l’esthétique visuelle. C’est le défi d’une équipe qui a choisi de laisser la plus totale liberté aux talents et de  leur faire confiance.

L’idée germait depuis longtemps dans la tête de ce réalisateur qui a fait ses armes dans le milieu de l’audiovisuel, la télé notamment. Il arrive chez GSL ; Soasoa Ratsifa, alors productrice exécutive, décèle son potentiel et l’appel à projets de Canal+ Madagascar fera le reste.

L’équipe s’étoffe de professionnels et techniciens venus d’horizons différents. Aussi bien Herizo Rabary ( M. Hery),  un habitué des plateaux de tournage, que Rotsy Koloina Andriamanantsoa (Lova) et Albertino Randrianasolo (Ahmad) dont c’est la première  expérience. 

La maison de production a tout de suite compris qu’il fallait créer un espace de liberté propice à la création. Pour leur « donner des ailes » selon les termes de la productrice. De l’écriture au plateau de tournage, cette liberté a permis à chaque maillon de la chaîne d’apporter sa pierre. Et surtout jouer collectif. Par exemple, quand Ludovic Randriamanantsoa déroule son récit en spirale pour rompre avec la linéarité classique de la série, ou quand Soasoa Ratsifa insuffle son expérience au chef décorateur pour introduire la notion de scénographie.

Toky Randriamahazosoa a, quant à lui, concentré ses efforts dans la valorisation de chaque métier. Et l’équipe de GSL a tenu son pari. La surprise était bel et bien au rendez-vous. Lova  est à suivre sur la chaîne Novegasy sur Canal+ Madagascar du lundi au vendredi à partir de17 h 40, rediffusion à 21 heures.

Domoina Ratsara et Ihony Rasolomalala
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Lire

14 janvier 2026

Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Dendrophile s'inscrit dans la continuité d'Antson'ny tontolo miaina, projet initié en 2023 par la curatrice indépendante Ihoby Rabarijohn, qui relie a...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir