Ligue d’Impro Gasy : « L’improvisation ne s’improvise pas »
16 mars 2025 // Arts de la scène // 5885 vues // Nc : 182

Une ligue comme au sport, mais cette fois, la scène – ou la « patinoire » – est le terrain de jeu ! En 2018, les membres de la Compagnie Miangaly ont décidé de faire connaître l’improvisation théâtrale à Madagascar et aujourd’hui, la Ligue d’Impro Gasy (LIG) est en cours. Hoby Rajoelison et Nathalie Rason sont des coachs à la LIG et elles sont prêtes à pousser les joueurs vers les plus grands matchs d’improvisation !

La Ligue d’Impro Gasy ?
L’impro est un nom plus simplifié que nous donnons à l’improvisation théâtrale. C’est une branche du théâtre, mais si au théâtre on fait des répétitions, à l’improvisation on appelle cela de « l’entraînement ». En improvisation, l’entraînement se divise en trois : l’échauffement à l’impro, l’exercice d’impro et la catégorie d’impro. Dans ce dernier, on prend plusieurs situations, on utilise les émotions, on s’inspire de mots ou de phrases pour créer une histoire. Une ligue est constituée de plusieurs équipes, de joueurs et de coachs, comme au football. En ce moment, nous sommes en train de la constituer : jusque-là, nous sommes 27 membres dont 15 actifs et cinq coachs, alors qu’une équipe devrait être composée de sept joueurs et d’un coach. Nous sommes donc à la recherche de ces joueurs. Nous sommes également en train d’implanter des foyers, dont l’un au centre KoloMaholo Loharanombato et l’autre au Cercle Germano-Malagasy : ce seront des endroits où les joueurs pourront venir s’entraîner.

L’improvisation est… comme le sport ?
L’improvisation ne s’improvise pas. Et c’est pour cela qu’il y a de l’entraînement : il faut s’exercer autant que possible et c’est comme cela qu’on apprend à se mettre à l’aise, à s’adapter face à plusieurs situations. Si l’on demande à une personne qui n’a jamais fait d’improvisation d’aller jouer Charlie Chaplin, par exemple, elle aura des difficultés parce qu’elle n’a pas l’habitude. À l’issue des entraînements, le coach voit si un joueur est apte, et généralement, il est presque impossible qu’un joueur participe à un match – une compétition – après seulement trois entraînements. D’ailleurs, les membres de la Ligue d’Impro de La Réunion (LIR) ont avoué que même après dix ans dans le milieu, il y a toujours un apport, quelque chose en plus qu’on peut travailler. Et c’est après la venue de la LIR à Madagascar que l’idée nous est venue de fonder une ligue d’improvisation à Madagascar. Ils ont approché la Compagnie Miangaly en 2018 en organisant des ateliers et un match mixte, et plus tard elle est devenue l’initiatrice du projet.

Comment se déroule un match ?
Partout, le format du match est le même, mais chacun a sa spécificité. Il y a une catégorie – un cadre de jeu – et un arbitre qui n’a été présent à aucun entraînement. C’est à l’arbitre de faire une liste des situations, ce qu’on appelle des « contraintes ». L’objectif, lors d’un match, n’est pas de gagner, mais de créer une belle histoire sur la patinoire, c’est-à-dire la scène. Le public est le jury, et comme tout match, il peut aussi y avoir des fautes. Parmi celles-ci, le refus : une des premières règles en improvisation est la réponse par un « oui, oui et… », donc si deux équipes font face et que l’une a réussi à trouver une situation, l’autre va accepter et proposer en retour. Ce qui fait un bon improvisateur est sa capacité à s’adapter, et surtout, il devient une force de proposition. En improvisation, il y a quelques étapes à bien travailler : l’écoute, l’imagination, le temps et l’espace. L’écoute est la première étape, et c’est quelque chose qu’on apprend pendant toute une vie et qu’on perfectionne ici, car elle n’est pas acquise.

Quels sont les projets ?
En ce moment, nous sommes à la recherche de joueurs pour constituer les équipes de la LIG. Nos membres n’ont pas forcément été dans le milieu du théâtre avant, nous restons ouverts, et c’est pour cela que nous multiplions les ateliers. Il y a encore du travail à faire. Sinon, nous avons l’intention de faire un spectacle et une soirée « Trois minutes » d’impro tous les trimestres. Pour ce dernier événement par exemple, le cadre de jeu est la limite de trois minutes. Sur le long terme, nous prévoyons de nous étendre et de faire un match national, ainsi que de participer aux Jeux des Îles, une idée initiée par la LIR de qui nous avons beaucoup appris et qui nous inspire aujourd’hui pour former nos joueurs.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 43 560 79 (Nathalie Rason)
+261 34 39 473 63 (Fela Razafiarison)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir