Laura Rasoanaivo Razafy « Je vise les Jeux Olympiques de 2024 »
11 septembre 2022 // Loisirs & J’ai essayé // 6577 vues // Nc : 152

À18 ans, elle est la nouvelle championne d’Afrique dans la catégorie des moins de 70 kg. Le judo malgache se prend à rêver et se prépare déjà pour les autres compétitions internationales. Et là, pas question de faire ceinture !

En juillet dernier, à Nairobi, au Kenya, Laura Rasoanaivo Razafy est montée sur le haut du podium en remportant la médaille d’or. Elle n’est d’ailleurs pas la seule Malgache à avoir ramené une médaille car durant la même compétition, Lova Mahaisoa a décroché le bronze dans la catégorie des moins de 73 kg. « Je voulais cette médaille depuis deux ans, Je me suis battue pour y arriver », clame la jeune championne, se rappelant avoir été éliminée dès le premier tour en 2020 et 2021. « Cette année, c’est une revanche, mais dans la catégorie des moins de 70 kg. »

Avec son mental d’acier, elle a d’abord réussi à battre la Camerounaise Ema Cindy Keukoua sur ippon (placage au sol) en quart de final. En demi-finale, c’est l’Égyptienne Afnan Shehata qu’elle a envoyée au tatami en seulement 11 secondes, toujours sur ippon. « Elle est redoutable et j’avais très peur. Mais dès que je l’ai battue, j’ai su que la médaille était dans la poche. » C’est chose faite lorsqu’elle fait tomber, en finale, l’Égyptienne Farica Magdy par hansoku-make (disqualification pour faute de l’adversaire).

La judokate de l’Association sportive Saint-Michel s’entraîne depuis l’âge de 10 ans. D’abord par curiosité puis très vite par passion, sous la férule attentive de ses parents, Luc Rasoanaivo (deux participations aux Jeux Olympiques) et Edith Andrianarisandy (Championnats du monde universitaire), tous deux ceintures noires quatrième dan et anciens membres de l’équipe nationale. « Ma mère m’a toujours soutenue, c’est mon premier coach. »

Très tôt, le palmarès est impressionnant, remportant trois fois le Championnat de Madagascar et la médaille d’or aux Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) en 2019 à Maurice, à l’âge de 15 ans. « Pour intégrer l’équipe nationale, il faut battre les séniors, c’est-à-dire les plus de 21 ans et je l’ai fait à l’âge de 15 ans. On a commencé à me surclasser et j’ai terminé première dans la catégorie des moins de 63 kg. » Contrairement aux autres athlètes, Laura a la chance de pouvoir s’entraîner tous les jours. Comme on dit dans le jargon, elle se prépare off season, plusieurs mois avant les compétitions pour être sûre d’être dans les meilleures conditions. « Je me prépare très tôt et plus les compétitions approchent, plus je me relaxe. » Le mental, toujours le mental.

Comme toujours dans le sport malgache, le potentiel est là mais pas toujours les financements. « J’ai la chance d’avoir un sponsor, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Si la Fédération et le ministère donnaient un coup de pouce, il y aurait moyen de développer le sport ici. » Véritable boule d’énergie, la championne se passionne également pour le CrossFit et le box training. Dans son noble art (martial), elle excelle dans le Uchi-Mata, une projection par fauchage aux jambes, et le Ippon-Seoi-Nage, une projection par l’épaule. « Le judo a littéralement changé ma vie, il m’a apporté une ouverture d’esprit et m’aide à réussir tout ce que j’entreprends », confie-t-elle. Bien qu’elle ait rapporté l’or africain du Kenya, Laura (sans jeu de mots) vise encore plus loin. Elle prépare déjà les Jeux des îles 2023, les Jeux de la Francophonie et surtout les Jeux Olympiques de 2024 qui se dérouleront à Paris. « J’espère monter sur le podium. Ce serait une expérience énorme ! » Après cela, elle compte suivre des études en masso-kinésihérapie et ouvrir son propre cabinet. Mais pas question de mettre le kimono au placard. La « voie de la souplesse », signification du mot judo, c’est pour toute la vie, du moins tant qu’on a les articulations assez solides pour rouler au tapis…

Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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