Matchbox : Sans discrimination
3 février 2021 // Photographie // 3296 vues // Nc : 133

Le photographe Matchbox revient avec une nouvelle série de photos surréalistes, Sarotava, qui sur la forme, présente le même concept pour toutes les images : des étrangers sans têtes. Une série à travers laquelle il reprend les problématiques de la discrimination. « Le but initial de cette série est d’enlever toute forme de jugement, de discrimination, de montrer qu’au fond, nous sommes tous égaux, nous sommes tous dans le même bateau et chacun fait de son mieux pour s’en sortir. En effet, je trouve que beaucoup se basent sur le physique pour juger les valeurs d’une personne, beaucoup se trouvent des excuses, bien sûr, comme les restos qui n’acceptent pas les personnes en tongues ou la société qui blâme les mini-jupes comme étant la cause du viol. »

En enlevant le visage, une grande partie des informations que nous avons sur un inconnu n’est pas accessible, nous sommes donc obligés d’avoir recours à d’autres moyens pour en savoir plus sur la personne concernée, lui parler par exemple. Tout le monde devrait être libre d’être qui il veut sans être jugé. Comme à son habitude, Matchbox a conceptualisé cette série mais cette fois-ci en combinant la photographie de rue et la photographie surréaliste. « Jusqu’ici, c’est la série la plus difficile au niveau technique. Ce n’est pas la première fois que je traite le sujet de la discrimination, mais, c’est la première fois pour moi que je fais des photos d’inconnus dans les rues. Je ne suis pas photographe de rue, c’est un exercice que j’ai dû apprendre car j’ai l’habitude de contrôler tous les éléments des images que je produis comme la lumière, les couleurs, les poses…» Matchbox souhaite développer cette série à Tana mais également faire une image dans chaque région de Madagascar.


Propos recueillis par Aina Zo raberanto

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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