Jazz Rabibisoa : Radama style
20 février 2026 // Arts Plastiques // 4215 vues // Nc : 193

Jazz Rabibisoa s’inspire des maisons traditionnelles malgaches pour créer. En début d’année, le graphiste a publié Radama Display, une typographie qui reconnecte avec le passé.

Elle a une certaine prestance, presque royale. Radama Display est disponible depuis janvier en version gratuite mais limitée, ou en version payante. Amateur de formes géométriques, Jazz Rabibisoa s’est inspiré des maisons traditionnelles malgaches pour répondre à l’idée de « décolonisation des lettres latines » du programme The Donald Knuth & Charles Bigelow Type Design Incubator (KBI). « Il y a de l’hybridité dans Radama Display. La lettre latine est la norme dominante dans le monde. J’ai essayé de me l’approprier et de trouver une alternative qui donnerait moins cette sensation européenne et occidentale et qui serait plus rattachée à ma culture », explique-t-il. En deux mois d’incubation, Jazz Rabibisoa a réappris la typographie et ses technologies.

Concrètement, Radama Display est le fruit de recherches poussées. Déjà passionné par la culture malgache, il avait exploré le Zafimaniry et les tissus en soie sauvage, le lamba landy, pour ses créations précédentes. Cette fois, il commence par les croquis. « C’est un “e” qui m’a fait tilt. Je trouvais qu’il ressemblait aux vérandas de maisons traditionnelles, et plus tard, au trano manara (maisonnette funéraire) », raconte-t-il. Ayant grandi dans ces bâtisses en briques, il y intègre ses sensations. « Dans ma démarche créative, je ne fais pas de copier-coller, je cherche l’ambiance pour la réinterpréter graphiquement », précise le graphiste.

Créer cette typographie lui a pris environ trois mois, répartis en « 40 % de recherches, 40 % d’exploration visuelle et 20 % pour peaufiner ». Le nom rend hommage au roi Radama I, qui a introduit l’alphabet latin à Madagascar.

« Je pensais que cela lui avait été imposé, mais j’ai découvert qu’il s’agissait d’un choix stratégique pour ouvrir l’île aux connaissances et aux relations extérieures », expose-t-il. Sur son chemin, Jazz Rabibisoa a pu reprendre de vieilles typographies non numérisées, mais face au style britannique de l’époque, il choisit de créer un alphabet nouveau, ancré dans sa culture, ou du moins dans celle des hautes terres. Aujourd’hui, il poursuit ses explorations de manière indépendante, avec pour objectif de transformer sa passion en métier et devenir un typographe confirmé.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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