Ginah Kawitry : La bomba be du salegy
6 septembre 2026 // Musique // 63 vues // Nc : 200

Sur la côte Est de Madagascar, il y a des noms qui font lever les gens de leur chaise avant même que la première mesure soit terminée. Ginah Kawitry, avec son kawitry endiablé, elle enflamme les dancefloors de Toamasina à Sainte-Marie et fait trémousser les amateurs de mozika mafana jusqu’au bout de la nuit.

Des hectolitres de sueurs versés sur des pistes bondées, des corps qui ondulent au rythme du machirochiro — voilà le tableau habituel quand Ginah Kawitry passe en soirée ou en boîte de nuit. Et pourtant, rien de tout ça n'était vraiment prévu. Originaire de l'île Sainte-Marie, cette artiste hors norme pose ses valises à Toamasina et embrasse son destin musical en 2020. « Ginah est mon vrai nom, mais j'y ai ajouté Kawitry car je suis passionnée par le salegy et la chaleur incandescente de la musique de la côte », confie-t-elle. Le nom de scène est aussi une déclaration d'intention. Pas de musique douce ici — juste du rythme qui frappe, qui fait vibrer, qui fait bouger.

Ce qui distingue Ginah dans le paysage de la musique tropicale, c'est sa façon de fusionner le salegy, le kawitry et le goma — trois rythmes traditionnels des régions côtières du nord — en une seule matière sonore explosive. « C'est la même façon de danser, il faut juste que le tempo suive, qu'il aille chercher le cœur… et le reste ! », lance-t-elle avec un éclat de rire.

Ce machirochiro — ce petit goût épicé, intense, irrésistible — est le piment secret de sa recette. Avec plus de trente titres au répertoire, dont onze franchement mafana, son « Somany Matanjaka » est devenu l'un de ces morceaux qui font perdre la tête à ceux qui se croyaient raisonnables sur un dancefloor.

Sauf que Ginah Kawitry ne se contente plus des côtes malgaches. Elle vient de rentrer d'une tournée européenne, où la diaspora malgache l'attendait de pied ferme — et de hanches bien échauffées. Ce que les Européens entendent dans sa musique, c'est quelque chose de familier dans la structure rythmique mais d'étrange dans la couleur sonore — comme si ces rythmes côtiers avaient été taillés pour attaquer la scène internationale sans crier gare. La chaleur tropicale de l'Océan Indien voyage bien, apparemment. Un album est en préparation, et la reine des dancefloors côtiers ne cache pas ses ambitions. Le rythme est lancé, la température monte — et Ginah a clairement décidé de durer. Mais les kinés vont la détester !

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir