Gasy Animal Aid : Une seconde chance pour les toutous
1 mars 2025 // Assos // 9494 vues // Nc : 182

Tout a commencé avec un simple groupe Facebook. Aujourd’hui, Gasy Animal Aid c’est une centaine de chiens sauvés de la rue, soignés, nourris et choyés en attente d’une famille. Depuis 2019, cette association se bat sans relâche contre la maltraitance et l’abandon, avec certes des moyens limités, mais une détermination sans faille. Clara Raharisoa, présidente de l’association, alerte sur l’avenir du refuge : trop de chiens, trop peu de dons.

Comment est née cette initiative ?
Tout a commencé en 2017 avec un groupe Facebook, « Gasy Tia Miaro Biby », créé par des amoureux d’animaux. Au début, ce n'était qu'un espace de partage, puis les signalements de chiens blessés ou abandonnés se sont multipliés. Des chiens percutés par des voitures, des femelles qui venaient de mettre bas et n'avaient rien à manger… Face à cette détresse, nous avons commencé à collecter des fonds et à chercher des lieux pour les accueillir. Un membre a proposé sa maison à Mahitsy, et moi j'ai ouvert un espace à Alasora. Puis, en 2019, nous avons officialisé notre engagement en créant l'association Gasy Animal Aid et en fondant un refuge ici à Ambatofotsy.

Pourquoi les chiens ?
Notre choix s'est porté sur les chiens, car ce sont ceux qui souffrent le plus et qui ont le plus besoin d'aide. Ils sont errants, percutés, violentés, empoisonnés, parfois ébouillantés parce qu'ils s'approchent trop près des humains. Il existe peu d'associations pour eux à Madagascar et nos ressources sont limitées. Nous avons déjà secouru quelques chats, notamment ceux atteints de tumeurs, mais notre priorité reste les chiens pour l’instant.

Quel est votre mode opératoire ?
Nous avons une page Facebook, un site web et un compte Instagram pour sensibiliser et recueillir des signalements. Lorsque quelqu'un nous informe d'un chien en détresse, nous évaluons notre capacité à l'accueillir. Avant la crise du Covid-19, nous pouvions compter sur des bénévoles. Aujourd'hui, il ne reste plus que moi, la présidente, et quelques membres actifs pour la gestion administrative. Sur le terrain, nous collaborons avec des chauffeurs de taxi ou de moto pour transporter les chiens vers nos refuges. Les chiens gravement blessés sont soignés chez des vétérinaires partenaires qui nous accordent des réductions. Une fois rétablis à Alasora, ils rejoignent le refuge d'Ambatofotsy, où ils sont nourris, vermifugés et vaccinés contre la rage chaque année grâce à The Mad Dog Initiative.

Quelles conditions pour adopter un chien ?
Les chiens en bonne santé peuvent être adoptés gratuitement. Nous demandons seulement une participation aux frais de transport si possible. Tous les chiens sont stérilisés avant l'adoption pour lutter contre la surpopulation canine. Nous avons mis en place des critères stricts : la propriété doit être clôturée pour éviter les fugues et les accidents. L'attache est interdite, le chien doit pouvoir jouer et vivre librement. L'adoptant s'engage à s'occuper de lui toute sa vie, à le nourrir correctement et à assurer ses soins de base. Nous effectuons un suivi post-adoption et si nous n'avons pas de nouvelles, nous allons vérifier sur place.

A quels défis faites-vous face ?
Aujourd'hui, nous avons atteint notre capacité maximale avec une centaine de chiens. Nous ne pouvons en accueillir de nouveaux que lorsque certains sont adoptés. Depuis notre création, une centaine de chiens ont trouvé une famille, mais les dons se font de plus en plus rares. Madagascar et le monde traversent une crise financière et nous avons même envisagé de fermer l'association. Nos besoins sont simples : de la nourriture et des soins pour les chiens.

Votre message pour la société ?
Nous ne demandons pas à tout le monde d'aimer les chiens. Mais chaque être vivant a droit au respect. Malheureusement à Madagascar, la maltraitance animale est banalisée et cela reflète une société en difficulté. Dans les pays développés, le respect des animaux va de pair avec le progrès. Ceux qui aiment les chiens ont aussi leur part de responsabilité : laisser une femelle mettre bas tous les six mois contribue à la surpopulation des chiens errants. Il existe une solution simple : la stérilisation. Plutôt que d'ajouter des chiots à une situation déjà critique, pourquoi ne pas adopter un chien qui a déjà besoin d'un foyer ? Enfin, nous interpellons l'État : lorsqu'un cas de rage est suspecté, tous les chiens des environs sont abattus. Pourtant, un programme de vaccination et de stérilisation pourrait prévenir ces drames. Il est temps d'agir avec compassion et intelligence.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

https://gasyanimalaid.org
Instagram: gasyanimalaid
Facebook: GASY Animal Aid - GAA

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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