
Ah, ce mois de février. Il y a de l’amour dans l’air. Ou, du moins, dans celui que respire Gaëlle Tsirininofy au milieu de ses roses, de ses lys et de ses bouquets soigneusement composés. Fleuriste de métier, elle vit la Saint-Valentin comme une journée intense, dense, entièrement dédiée aux sentiments… des autres. La sienne commence tôt, se termine tard, et laisse en bonus une bonne dose de fatigue. « Après une grosse journée à préparer les surprises des clients, c’est dans la soirée qu’on improvise », sourit-elle. Car pour Gaëlle, organiser, planifier, anticiper, c’est d’abord — et presque exclusivement — pour le travail. Les moments censés être réservés aux sentiments, à l’amour, au partage, elle les préfère libres, légers, sans agenda. Une petite promenade en ville pour dénicher un restaurant au hasard, un moment de repos, un dîner tranquille à la maison, un film ou un anime, et beaucoup de câlins : la formule lui va parfaitement. « Mais j’ai aussi la chance d’être avec quelqu’un qui m’offre souvent des fleurs ! » plaisante-t-elle, consciente de l’ironie délicieuse de la situation.
Dans son atelier, en revanche, Gaëlle est tout l’inverse. Méticuleuse, précise, rigoureuse. « Je pense que ce côté spontané vient surtout de mon impulsivité. Dans la vie personnelle, moins c’est préparé, mieux c’est ! Trouver l’équilibre entre ces deux traits — personnel et professionnel — m’a pris un bon moment », confie-t-elle. Et chez elle, cette spontanéité ne se limite pas au 14 février. Gaëlle sait transformer des journées ordinaires en moments extraordinaires, sans raison particulière. Un élan, une idée, une envie soudaine. C’est aussi dans cet esprit qu’elle aborde ses projets personnels cette année : peut-être un clip, des vlogs, des photos… Là encore, rien de figé. On verra bien où le vent l’emmène.
Rova Andriantsileferintsoa