Fehikanto : « Il est permis de consommer l’art »
12 août 2024 // Arts Plastiques // 7993 vues // Nc : 175

C’était le Samedi 8 juin dernier à la Cité des Cultures à Antaninarenina. Dans une salle de conférence remplie, les questions du public abondent suite à l’intervention de l’artiste peintre Ponk sur les bienfaits de l’art, dans le cadre de Hizara Kanto, un programme organisé par Fehikanto. Evénement réussi pour cette ONG, qui veut donner l’accès aux connaissances artistiques à la population malgache. Pour Braian Razafinony, le président fondateur, il est crucial de continuer à guider ceux qui veulent suivre un parcours dans le domaine de l’art et de la culture.


Chez Fehikanto, ils sont une poignée d’artistes photographes, des passionnés d’écriture et d’arts plastiques. Avec leurs parcours respectifs, ils ont compris le potentiel artistique qu’a Madagascar, hélas souvent sous-estimé. « Ici, ce n’est pas très bien vu de dire à ses parents qu’on veut devenir artiste. Nous voulons que la société malgache comprenne que l’art n’est ni mauvais ni de seconde zone. Il y a beaucoup de métiers concernant l’art et la culture, comme l’art de la scène, l’art médiatique, artisanal. » L’équipe reconnait que cette incompréhension résulte d’un manque d’explication, que ce soit à l’endroit des artistes ou du public. Fehikanto se positionne alors comme un guide pour ceux qui sont dans le flou, qui ne savent pas quoi penser de leur domaine de travail, ou qui sont perdus dans leur parcours académique ou professionnel. « Notre but n’est pas que tout le monde devienne artiste, mais de donner une nouvelle façon de penser, de leur dire que c’est permis de consommer l’art. »

Pour apporter un nouveau regard sur ce qu’est une carrière dans le domaine de l’art et de la culture, Fehikanto a organisé des ateliers de partage cette année. Avec Nicky Aina, photographe biologiste et formateur en photographie, il était question des conseils pour vivre de son art. Pour le coup, il ne s’agit pas seulement de techniques pour faire venir la muse, mais aussi de conseils sur le côté administratif, le statut en tant que professionnel. Le deuxième atelier concernait l’importance de la transmission de son art avec Tanteliniaina Ramarozatovo, une séance riche en partages. Le rendez-vous mensuel Hizara Kanto ressemble plus à une conférence, avec davantage de participants. « Pendant ces événements, des participants nous disent que c’est un bon projet, ils veulent aider, c’est peut-être un début de déclic, en tout cas, ils ont ressenti quelque chose. Ces activités sont gratuites car nous voulons rendre accessibles les connaissances. Par contre, il y a un coût pour les programmes de mentorat où un artiste vous suit avec des formations théoriques et pratiques. »

Justement, Fehikanto met en place une plateforme de mentorat, où il y aura un artiste qui s’occupera d’une cohorte sur une période donnée, répartie sur différents niveaux. Pour la suite, l’ONG projette d’avancer davantage dans sa mission. Elle prépare des camps d’art, un weekend dans la nature pour un éveil artistique, avec un artiste. L’équipe compte aussi organiser des colloques d’art, rassemblant des professionnels qui œuvrent dans le domaine de l’art autour d’un thème. « On compte aussi organiser des brunchs culturels. Nous ne voulons pas nous mettre dans la ligne de mire de quelqu’un, nous voulons fédérer. Nous avons parlé avec beaucoup d’acteurs culturels récemment. Certains disent qu’il faut se serrer les coudes, déjà que nous ne sommes pas beaucoup à Madagascar. Il ne faut pas qu’il y ait des rivalités, il faut créer des événements pour se rencontrer, découvrir des artistes, parler de projets culturels. »

Mpihary Razafindrabezandrina

fehikanto@gmail.com

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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