Eric Mayo « Dynamiser le marché local face à la crise de l’exportation »
17 décembre 2023 // Entreprendre // 5223 vues // Nc : 167

Depuis le mois de septembre, l’Union Européenne a imposé une nouvelle norme pour la vanille qu’elle importe : le taux de nicotine toléré passe de 0,3 mg par kilogramme à 0.05 mg par kilogramme, pour protéger les consommateurs. Une mesure dont l’entrée en vigueur disqualifie le tiers de la récolte actuelle. Face à cette crise de l’exportation, certains opérateurs de la vanille essaient de combler le trou en dynamisant le marché local. Eric Mayo, en tant que spécialiste des produits à base de vanille chez Bioneo Madagascar, une entreprise spécialisée dans la vente d’huiles essentielles, dont des produits dérivés de la vanille a observé de près chaque maillon de cette chaîne de valeur.

De la nicotine dans la vanille, comment l’expliquez-vous ?
La présence de nicotine dans la vanille résulte d’une contamination pendant le traitement : sur les planches de travail, dans les salles de stockage mixtes, où on stocke aussi d’autres produits. Face à cette menace, les autorités essaient de négocier avec la Commission Européenne sans avoir abouti à une entente. Un coup dur pour cette filière clé qui a déjà souffert d’une crise sans précédent : début 2023, la fixation du prix minimum à 250 dollars par kilogramme a échoué. Le Ministère de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consommation a décidé de libéraliser le secteur.

Quelles menaces pour la grande exportation ?
D’abord il y a de plus en plus d’acteurs économiques de la vanille dans le monde, des concurrents comme l’Ouganda, le Tahiti, la Nouvelle Calédonie, la Hollande. Il y a de plus en plus de producteurs, on a un marché qui est en train de s’atomiser. En termes de production, il y a notamment l’Indonésie et la Chine qui produisent beaucoup plus.

Concernant la nouvelle norme de l’Union Européenne sur le taux de nicotine, je me demande d’où sort une telle décision, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une guerre économique pour privilégier une vanille par rapport à la vanille qui vient de Madagascar. Et bien sûr, comme souvent pour l’exportation, il y a des contraintes difficiles, notamment sur les réglementations dans les douanes : j’ai l’impression que les interdictions se font de façon aléatoire, quand on demande sur quelles bases juridiques les restrictions sont fondées, il n’y a pas de réponse. Et dans l’ensemble, le prix a baissé : il y a cinq ans, on vendait le kilogramme de vanille entre 500 à 1000 euros selon la qualité, et actuellement, on le vend à 100 euros.

Quelles opportunités offrent le marché interne ?
Pour Madagascar, il y a deux qualité de vanille. D’abord, il y a la vanille gourmet de meilleure qualité, et la vanille de moindre qualité qui sont la vanille TK et la vanille rouge. Pour la vanille de qualité gourmet, le marché est stable, la demande est toujours là. Ce qui n’est pas le cas pour la vanille de moindre qualité : d’autres pays les vendent à un prix plus concurrent. Donc, pour rester une référence dans la filière vanille, Madagascar doit s’orienter dans la vanille de haute qualité, et c’est ce que nous faisons en tant que détaillant local. Comme sur tout produit de qualité, le prix a un impact moindre. C’est surtout le tourisme qui assure cette demande continue en vanille de qualité gourmet. Justement, la tenue des Jeux des Iles cette année, a dynamisé le marché local, nous avons beaucoup travaillé. En France, le kilogramme se vend entre 600 à 700 euros maintenant, contre 100 euros ici, ce qui attire les touristes. Ce sont eux qui viennent, à l’inverse de l’exportation.

Comment maintenir ce marché interne en vie ?
Pour garantir cette qualité, il faut une certification après des analyses chimiques. Pour obtenir la norme Afnor, il faut analyser la teneur en eau, le taux de vanilline. Pour la vanille gourmet donc, le taux d’humidité est entre 30% et 38%, et le clou est souple et charnu. Pour maintenir un rapport-qualité prix qui, à la fois, protège l’opérateur économique et attire le client, il faut minimiser les charges de production. Pour mon cas, je négocie le prix sur l’année à venir, je préserve la vanille à l’aide d’une machine sous vide. De cette façon, j’en ai toujours en réserve et je ne crains pas des coûts d’approvisionnement imprévus au cas où le prix change.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina
Contact : 034 69 834 95

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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