Dokohely : Mèche alors
20 juin 2026 // Beauté & Bien être // 2806 vues // Nc : 197

De Black Nadia à Tence Mena, de Lion Hill à Sandra Gomez — les grandes stars malgaches passent toutes entre ses mains. Larissa Marienne Dokohely n'est pas simplement coiffeuse. Elle est dépositaire d'un art ancestral qu'elle a transformé en tendance, un cheveu à la fois.

©photo : JC visuel studio

Originaire de Mandritsara, Dokohely n'a jamais appris à tresser au sens académique du terme. « C'est dans le sang », dit-elle, avec la tranquille assurance de ceux qui n'ont jamais eu à en douter. Tout commence en 2021, dans l'intimité d'une chambre, avec une simple table coiffeuse. Quatre ans plus tard, elle est installée à Ambohipo, après un passage remarqué à Andohanimandroseza, et reçoit ce que la scène artistique malgache compte de plus grand. Son grand moment de trac ? La venue de Wendy Cathalina. « J'ai eu très peur… mais j'ai réussi », se souvient-elle. Le reste appartient à la légende — ou du moins, à son carnet de rendez-vous.

Mais derrière cette mode, il y a une histoire qui remonte beaucoup plus loin. À Madagascar, la tresse est un manuscrit sur la tête, un code que seuls ceux qui connaissent peuvent comprendre du premier coup d’œil. Chaque éthnie a sa propre manière de tresser : les Tanala avec le kivon, les Betsileo avec leur kipetaka en forme de cercle, ou bien le tanaivoho chez les Imerina. Chez les Tsimihety, par exemple, le taly vaky — deux tresses séparées — montre qu’une femme va bientôt se marier, interdite aux célibataires (elles portent le taly Mitambatra). « La coiffure reflète ce qu’on ressent », explique Dokohely. Pour ajouter un peu d’éclat, on y met parfois le volamena bango, des petits détails en argent ou en or qui donnent un côté précieux à la coiffure. C’est un peu le bling-bling traditionnel, en quelque sorte.

Dans son salon, la tresse est adaptée à la forme du visage et à la couleur de peau de chaque cliente. Les tresses simples commencent à 30 000 ariary. Au sommet, il y a la « tresse Milliardaire » à 300 000 ariary, et ce n’est pas sans raison. « La finition est très précise, avec des mèches intégrées de façon à ce qu’on ne fasse plus la différence entre la tresse et les cheveux naturels », explique-t-elle. C’est un vrai travail de précision, qui va de trente minutes sans rajouts à trois heures si on utilise des extensions. Côté avantages, les tresses dépassent certaines idées reçues. Elles tiennent à l’eau, à la mer, et peuvent durer jusqu’à trois mois. Elles protègent les cheveux, aident à leur repousse, surtout quand on utilise les huiles spéciales et les soins après tressage que Dokohely aime particulièrement. Son ambition est de faire connaître son savoir-faire à l’étranger.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact Dokohely : 032 86 479 63

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