Dokohely : Mèche alors
20 juin 2026 // Beauté & Bien être // 2223 vues // Nc : 197

De Black Nadia à Tence Mena, de Lion Hill à Sandra Gomez — les grandes stars malgaches passent toutes entre ses mains. Larissa Marienne Dokohely n'est pas simplement coiffeuse. Elle est dépositaire d'un art ancestral qu'elle a transformé en tendance, un cheveu à la fois.

©photo : JC visuel studio

Originaire de Mandritsara, Dokohely n'a jamais appris à tresser au sens académique du terme. « C'est dans le sang », dit-elle, avec la tranquille assurance de ceux qui n'ont jamais eu à en douter. Tout commence en 2021, dans l'intimité d'une chambre, avec une simple table coiffeuse. Quatre ans plus tard, elle est installée à Ambohipo, après un passage remarqué à Andohanimandroseza, et reçoit ce que la scène artistique malgache compte de plus grand. Son grand moment de trac ? La venue de Wendy Cathalina. « J'ai eu très peur… mais j'ai réussi », se souvient-elle. Le reste appartient à la légende — ou du moins, à son carnet de rendez-vous.

Mais derrière cette mode, il y a une histoire qui remonte beaucoup plus loin. À Madagascar, la tresse est un manuscrit sur la tête, un code que seuls ceux qui connaissent peuvent comprendre du premier coup d’œil. Chaque éthnie a sa propre manière de tresser : les Tanala avec le kivon, les Betsileo avec leur kipetaka en forme de cercle, ou bien le tanaivoho chez les Imerina. Chez les Tsimihety, par exemple, le taly vaky — deux tresses séparées — montre qu’une femme va bientôt se marier, interdite aux célibataires (elles portent le taly Mitambatra). « La coiffure reflète ce qu’on ressent », explique Dokohely. Pour ajouter un peu d’éclat, on y met parfois le volamena bango, des petits détails en argent ou en or qui donnent un côté précieux à la coiffure. C’est un peu le bling-bling traditionnel, en quelque sorte.

Dans son salon, la tresse est adaptée à la forme du visage et à la couleur de peau de chaque cliente. Les tresses simples commencent à 30 000 ariary. Au sommet, il y a la « tresse Milliardaire » à 300 000 ariary, et ce n’est pas sans raison. « La finition est très précise, avec des mèches intégrées de façon à ce qu’on ne fasse plus la différence entre la tresse et les cheveux naturels », explique-t-elle. C’est un vrai travail de précision, qui va de trente minutes sans rajouts à trois heures si on utilise des extensions. Côté avantages, les tresses dépassent certaines idées reçues. Elles tiennent à l’eau, à la mer, et peuvent durer jusqu’à trois mois. Elles protègent les cheveux, aident à leur repousse, surtout quand on utilise les huiles spéciales et les soins après tressage que Dokohely aime particulièrement. Son ambition est de faire connaître son savoir-faire à l’étranger.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact Dokohely : 032 86 479 63

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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