Une petite coiffeuse du quartier populeux de 67Ha, à Antananarivo, est devenue la coiffeuse officielle de Miss Île de France 2026. Avant elle, Yves Saint Laurent, Givenchy, Pierre Cardin lui ont confié leurs podiums. Le Festival de Cannes et la Fashion Week de Paris aussi. Voici Kantonarindra — Kanto Coiffure, pour les intimes et pour les stars.


Yves Saint Laurent, Givenchy, Pierre Cardin… N'en jetez plus, la coupe est pleine et parfaitement brushée. Depuis qu'elle a quitté son salon de 67Ha pour s'installer en France en 2013, Kanto s'est taillé une place de choix dans les coulisses du luxe international. Son quotidien tient du grand écart permanent : le domicile de ses clientes fidèles d'un côté, les tapis rouges les plus courus de la planète de l'autre. « Mon métier me conduit à intervenir lors d'événements prestigieux tels que les Fashion Weeks, les défilés de grandes maisons françaises et internationales, les concours de beauté ou le Festival de Cannes », confie-t-elle, avec cette humilité presque déconcertante chez quelqu'un qui croise du beau monde à longueur d'année.
Diplômée d'un CAP et d'un Brevet Professionnel en 2017, Kantonarindra a appris son métier à Madagascar avant de l'exporter. Vingt ans après ses débuts, celle qui a d'abord dompté sa propre chevelure avant de dompter celle des plus grands mannequins travaille aujourd'hui en solo — un choix audacieux dans un univers où les stars se déplacent souvent avec toute une cour de stylistes, d'assistants et de portants à roulettes. « Je travaille seule », affirme-t-elle, sans détour. Un choix qui demande une organisation et une énergie considérables, mais qu'elle assume pleinement. « J'ai fait le choix de privilégier la qualité à la quantité, afin d'accorder à chaque personne le temps et l'attention qu'elle mérite. »
Et c'est précisément là que Kanto se distingue. Dans un secteur où le name-dropping est presque une seconde langue, elle reste étonnamment discrète. Elle a coiffé des personnalités de la mode, de la télévision, du cinéma, des concours de beauté et des réseaux sociaux — mais ne compte pas sur elle pour alimenter les gazettes.
« Il m'est arrivé à plusieurs reprises de coiffer des personnes très connues sans savoir qui elles étaient réellement. Quand je travaille, mon attention est entièrement tournée vers la personne qui me fait confiance, qu'elle soit connue ou non », souligne-t-elle, presque sévère sur ce point. Derrière chaque coiffure, dit-elle, il y a une écoute, un brushing pensé pour révéler — jamais pour écraser — la beauté naturelle de chacune. Sa plus grande satisfaction : voir repartir une cliente avec le sourire, plus confiante qu'à son arrivée. « Pour moi, la coiffure est bien plus qu'un métier : c'est une vocation. »
Les expériences aux côtés de maisons comme Yves Saint Laurent, Givenchy ou Pierre Cardin restent, dit-elle, une source de gratitude immense — mais jamais une finalité. « Je continue d'apprendre, d'évoluer et de progresser chaque jour en donnant le meilleur de moi-même », conclut-elle avec ambition. Sa plus grande fierté reste de faire voyager le savoir-faire malgache sur la scène internationale. Les stars passent, les modes changent — le coup de peigne de Kanto, lui, reste impérial.
Tatiana Randriamanakajasoa