Doc Choc : Caméra sans confort
13 juillet 2025 // Media & Add-0n // 6105 vues // Nc : 186

Un cimetière oublié, une nuit sous tension, un quotidien qu’on préfère ne pas voir ? Doc Choc, l’émission coup de poing, menée par deux raconteurs d’histoires réveille les consciences en explorant ce que la société tait. Et si l’émotion était un outil journalistique ?

Doc Choc, ça vient d’où ?
HR : L’étincelle, c’est Misy Raha La Terre, cette émission coup de poing qui poussait à réfléchir. J’en étais mordu. J’aurais aimé la reprendre, mais les choses ne se sont pas faites. Alors j’ai proposé qu’on en crée une autre. L’équipe a dit oui, et le nom Doc Choc est né. Depuis notre premier tournage en 2022, je bosse étroitement avec Sitraka – réalisateur et monteur. Il est de ceux qui sentent la direction à prendre. Il propose, on affine, on construit.
SL : Notre tout premier sujet portait sur le mausolée d’Anjanahary. On en préparait d’autres en parallèle, mais celui-là s’est imposé. Le but, dès le départ, c’était de braquer la lumière sur des métiers, des situations, des réalités que tout le monde voit… mais que trop souvent, on préfère ignorer. Ou ne pas comprendre.

Comment choisissez-vous vos sujets ?
HR : On part toujours d’une interrogation. Ce qui titille le public, ce qui provoque la curiosité. Et on cherche le point de bascule : le détail qui choque, mais qui éclaire. Pour Anjanahary, par exemple, ce sont les responsables sur place qui nous ont orientés vers les images de la fosse commune. Le sujet nous a sauté à la gorge. Parfois, l’idée germe en regardant d’autres émissions. C’est le cas avec Eo Ara Hoe : c’est en la regardant qu’on a décidé d’aller au centre AKA.MA, à 67ha. Doc Choc a trouvé son public, même si ce n’est jamais facile de provoquer juste ce qu’il faut. On ne se fixe aucune limite thématique. Paradoxalement, c’est dans les recoins inattendus que l’émission gagne sa force. Dans un geste, une phrase, une scène que rien n’avait annoncée.

Quid des âmes sensibles ?
HR : C’est un vrai défi. Quand on a traité le sujet de la drogue, on a montré des images frontales : des jeunes qui fument, qui s’injectent. Certains ont cru qu’on banalisait. D’autres ont compris qu’on exposait une chute, une vie qui se délite. On pèse chaque image, chaque angle, pour provoquer une prise de conscience, pas un malaise gratuit.

Quelle était le numéro le « choc » ?
HR : Le choc ne rime pas toujours avec tragédie. J’ai eu l’immense chance de discuter avec une femme de 105 ans, sur sa vision du temps, de la vie. Ça marque. Mais l’épisode Voninakazon’ny alina, sur les travailleuses de nuit, m’a retourné. Une scène en particulier : une prostituée, à l’aube, fatiguée, errant sans client. Derrière la provocation, il y avait une solitude brute, presque palpable.
SL : Ce même épisode, je m’en souviens comme d’hier. On veut capter du vrai, sans mise en scène. Cette nuit-là, j’ai été pris à partie par certaines prostituées. Elles ne voulaient pas qu’on filme. J’ai dû cacher ma caméra, jouer la transparence. Un tournage, c’est souvent l’imprévu. On passe des jours, des nuits, à chercher ce qui fera vibrer. Et parfois, le choc arrive quand on ne l’attend plus.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 08 826 88

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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