ConfidentiELLES « Pas une plainte, une révolution »
4 février 2021 // Cinéma // 7282 vues // Nc : 133

La 15ème édition des Rencontres du film court (RFC) l’a consacrée Zébu d’Or Documentaire panafricain avec son court-métrage « ConfidentiELLES ». Un essai transformé pour Rotsy Koloina Andriamanantsoa, plus connue jusque-là comme actrice dans la peau du personnage principal de la série télévisée « Lova ».

« ConfidentiELLES » (2019, 24 mn) est une œuvre résolument féministe. Son intention est de donner la parole aux femmes, un droit que la société malgache n’autorise pas toujours. Traditionnellement, la femme est qualifiée de « fanaka malemy » (meuble fragile) ou de « ravaky ny tokantrano » (décoration du foyer), rabaissée au rang d’objet, inerte, muette. Et si on daigne la comparer à un être vivant, c’est pour  l’appeler« akohovavy » (poule), une façon de bafouer également son droit à la parole car une poule ne chante pas (« Aza manao akohovavy maneno »).

« ConfidentiELLES » est ainsi une plateforme d’expression pour celles dont la parole a été enlevée depuis si longtemps. Face à la caméra, six femmes issues de milieux différents se livrent sans tabou sur divers sujets intimes, entre autres : les discriminations subies à cause de la minceur ou de l’accent de la brousse, les souffrances engendrées par des maladies telles que le trouble bipolaire ou encore le déni de grossesse résultant d’un manque d’éducation sexuelle.

Le style de réalisation dépouillé sur fond noir rappelle le film documentaire « Human » (2015) de Yann Arthus-Bertrand. Mais tandis que « Human » espaçait régulièrement les témoignages de ses intervenants de diverses nationalités par des plans aériens de paysages des quatre coins de la planète, « ConfidentiELLES » nous montre par moment les images contemplatives du corps nu d’une femme filmée de très près, marquant le parti pris artistique de la réalisatrice de faire une ode à la féminité.

Le court-métrage documentaire est émouvant par bien des aspects. La sincérité des intervenantes suscite notre empathie, sans pour autant tomber dans le piège de la victimisation, et c’est ce qui magnifie leur personnalité. Ce sont de véritables battantes qui ont le courage de briser le silence et de s’accepter elles-mêmes telles qu’elles sont. Un comportement salvateur qui leur permet d’être en paix avec elles-mêmes tout en inspirant le changement. Une des intervenantes affirme d’ailleurs : « Ceci n’est pas une plainte, c’est une révolution. » Une parole qui a le mérite de résumer l’esprit de « ConfidentiELLES ».


Propos recueillis par Aina Randrianatoandro
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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