Claudine Nomenjanahary : 7’’30 top chrono
5 mai 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 3757 vues // Nc : 196

En mars 2026, à Toruń en Pologne, la sprinteuse malgache Claudine Nomenjanahary a claqué 7''30 sur le 60m en salle — son record personnel — et s'est classée 5e mondiale aux Championnats du monde d'athlétisme. Une performance qui s'inscrit dans une trajectoire en train de réécrire les annales du sprint malgache.

Sept secondes et trente centièmes. C'est le temps qu'il faut à Claudine pour traverser soixante mètres de tartan. C'est aussi, désormais, le temps qu'on associe à son nom dans les livres de records. Cinquième mondiale en salle — une demi-finale qui lui a échappé de peu, mais un chrono personnel qui, lui, ne s'efface pas. Ce qui rend la performance encore plus saisissante, c'est le contexte. Un centième de seconde. C'est la marge qui a séparé Claudine d'un exploit que le sprint malgache n'a plus connu depuis Jean-Louis Ravelomanantsoa dans les années 60 — la finale olympique. « Un centième. La largeur d'un ongle », s’exclame un membre de son staff. Dans ce sport où le temps se mesure en fragments d'existence, ça donne le vertige.

La presse régionale ne s'y est pas trompée, qui l'a qualifiée de « femme la plus rapide de l'océan Indien ». Un titre qu'elle porte avec une sobriété remarquable. Car Claudine sait que les titres ne courent pas à sa place. Ce qui court à sa place, c'est du travail. Musculation, piste, préparation mentale millimétrée — son quotidien ressemble davantage à celui d'un moine athlète qu'à celui d'une vedette. « Le chemin est passé par le manque de moyens et les blessures », confie-t-elle. Les obstacles, chez elle, deviennent du carburant.

Elle n'est pas la première à avoir tracé ce sillon. En 2025, la Fédération Malgache d'Athlétisme lui a décerné le certificat du record national du 100m féminin — 11.32 secondes, à Sotteville, en France. Un temps qui la place dans la lignée de ses aînées : Lalao Robine Ravaonirina, qui avait ouvert la voie à Limoges en 1991, et Rivosoa Hanitriniaina Rakotondrabe, qui avait égalé ce chrono à Dijon cinq ans plus tard. Trois femmes, trois époques, un même fil rouge.

Sur la ligne de départ, avant le coup de feu, Claudine entre dans sa bulle. Prières, visualisation, silence intérieur. Elle ne voit pas seulement la ligne d'arrivée — elle voit les trente millions de Malgaches qui poussent derrière.

« Porter les couleurs nationales est un honneur immense. Je cours pour inspirer. » La phrase est simple. Les Championnats d'Afrique et les grands rendez-vous de 2026 sont maintenant dans le viseur. La Pologne n'était qu'un test de haut niveau, dit-elle — pour ajuster le départ, affiner la transition explosive. Les détails qui font la différence entre la demi-finale et la finale. Entre l'histoire et l'Histoire.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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