Aynah : Éclectique électrique
1 mars 2022 // Musique // 15488 vues // Nc : 146

La zique, c’est son carburant. De préférence, la soul et le R’n’B, mais sans s’enfermer dans un genre précis. Avec ses musiciens, Aynah propage une musique également saupoudrée de pop, rock, funk et même de salegy.

Douée pour le chant, Aynah a toujours gagné dans les concours. Mais autour d’elle, il a fallu convaincre : « Dans la famille, on ne m’a pas soutenue à 100 %, j’ai dû faire des sacrifices car j’ai la musique dans le sang, impossible de faire autre chose. » Dès l’âge de 9 ans, elle chante à l’église et c’est là, avec une amie, qu’elle tente plus tard de monter un groupe évangélique. « Ça n’a pas marché. Finalement, on s’est tournées vers les animations de mariage. » Puis elle se retrouve choriste dans le groupe de musique traditionnelle Tigah. Son guitariste, Jacquinot, la prend sous son aile et la pousse à aller plus loin, mais le groupe splite : retour à la case départ En 2019, elle participe à un bœuf à La Fabrik à Ambondrona et est remarquée par un jeune manager, Mampiray Solofoniaina. « Il m’a fait entrer dans son label Isaray Cultural Consulting. C’est également lui qui m’a aidée à trouver les musiciens qui jouent avec moi. »

Avec sa voix cristalline et intense, Aynah séduit les amateurs de soul et de R’n’B. Mais elle maîtrise aussi bien les autres rythmes, traditionnels ou modernes. « La soul est une musique qui me parle. J’écoute beaucoup Amy Winehouse, Sia, Beyoncé ou Jessie J. Mais aussi Tence Mena ou Denise, je suis capable d’explorer d’autres genres musicaux. » Elle se revendique donc éclectique mêlant les influences pop, rock, funk et même salegy. Sur scène, elle est accompagnée par Manoa, à la basse, Zo, au clavier, Nantis à la batterie et Ralph à la gratte. Une équipe bien rodée. Et justement, jouer en équipe, elle connaît, puisqu’elle joue du rugby depuis toute petite ! Elle est d’ailleurs issue d’une famille de sportifs avec une maman footballeuse. « Après le bac, j’ai suivi une formation pour devenir arbitre de rugby, sur les conseils de ma mère. J’ai été arbitre pendant cinq ans, puis j’ai repris la musique. »

Sur scène comme sur un terrain de rugby, elle retrouve la même énergie et la force mentale qui permet d’affronter les obstacles. « Ce n’est pas un secret, il est très difficile de vivre de la musique à Mada. Mais je ne me laisse pas faire. Je me bats chaque jour pour pouvoir atteindre mes objectifs. » Elle le dit dans sa chanson Mila Miaina (Il faut vivre). « J’écris quand je suis en colère, triste ou joyeuse. Peu importe ce qui t’arrive, il ne faut jamais baisser les bras. » Pour le moment, Aynah ne prévoit pas de sortir d’album. Elle préfère se consacrer à la scène et partager son amour du direct, seul moyen de communier sans tricherie avec son public. Une nature !


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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