Trimobe : Attrape-moi si tu peux !
22 août 2023 // Loisirs & J’ai essayé // 6634 vues // Nc : 163

Le ravageur est de retour : Trimobe, le héros des folklores malgaches, rentre dans un nouveau format. Cette fois, il est projeté sur une carte. Parti d'un brainstorming et de quelques passages sur YouTube, le jeu de rôle s'inspire du classique "Loup-Garou". Ramanohisoa Tahina Avotra Kenny, créateur du jeu, en parle dans les bibliothèques, les entreprises, et partout à Antananarivo. Depuis avril 2023, le conteur des nouveaux temps fait sa part des choses dans la promotion des classiques malgaches, tout en offrant quelques minutes de fun et de bonne humeur aux joueurs.

"Le village s'endort…" La phrase classique du "Loup-garou" est maintenue, bien que traduite, et les règles du jeu ont été quelque peu adaptées. Le jeu se fait sur deux périodes différentes : de nuit et de jour. Trimobe, Faramalemy, fokonolona, mpamosavy, mpisikidy, mpanandro, miaramila et plus encore : chaque participant se voit attribuer une carte, un personnage et une ou plusieurs fonctions. Ce rôle, personne ne le sait sauf le joueur lui-même. Le jour levé, chacun se doit de deviner qui sont les Trimobe - les ravageurs - qui, chaque nuit, décident d'éliminer une personne. Si personne n'arrive à les démasquer, ils remportent la partie.

Le jeu est une adaptation du classique de Thiercelieux.
Proposé par Tahina Avotra Kenny Ramanohisoa après une formation en création de contenu, le jeu commence à faire le tour de la ville, et même en dehors. Les 23 cartes du jeu se répartissent sur une dizaine de personnages inspirées des mythes et des contes malgaches.
Le but étant de créer un sentiment d'appartenance, si tant que l'objectif est de faire découvrir les folklores locaux.
La narration qui l'accompagne se fait entièrement en malgache. « Trimobe, c'est un rappel aux contes qu'on écoutait quand nous étions petits, avec un "angano angano arirarira". Nous ajoutons également quelques citations et ohabolana (proverbes) afin de vraiment instruire et de faire découvrir le public."

Depuis quelques mois, Tahina Avotra Kenny Ramanohisoa et son équipe font le tour des bibliothèques et des événements pour parler de ce nouveau concept. La cible reste principalement les jeunes désireux de s'exercer à parler en public : le jeu trouve son sens dans le partage et l'échange.

La narration est libre, et chacun peut raconter sa version de l'histoire : il est même possible d'en faire une adaptation à la vie d'entreprise. Une partie dure 15 minutes à une heure pour au moins huit joueurs et, au maximum, 18. Tahina Avotra Kenny ambitionne de créer des extensions à son jeu.  « Nous serions ravis que le jeu fasse un tour de Madagascar, et que chaque région ait sa propre adaptation. » Conscient des défis qu'engendre une telle initiative, le créateur avoue : « Les tabous et les interdictions sont différents partout, et c'est pour ça que nous faisons appel à des connaisseurs et des spécialistes de la culture malgache. »

Le jeu garde la forme d'une narration participative. Les retours des joueurs n'en sont que positives. La prochaine étape est la commercialisation du jeu. « Nous prévoyons d'imprimer des cartes, avec une notice, et un petit packaging "vita gasy". Certaines sociétés nous ont demandés si le jeu était à vendre ; c'est en cours, et ce sera bientôt le cas. » Une extension du jeu est prévue pour bientôt, avec une application mobile pour substituer à la notice physique. Du design des cartes - par l'illustrateur, Azer Tanjona - à l'impression, sa notice et le planning, pour l'instant, l'équipe marche sur ses propres moyens.

En attendant, les tours de bibliothèque, des écoles et des centres continuent, toujours affichés sur leur page. Excellent moyen de renforcer la cohésion d'une équipe, le jeu joue sur la communication et l'écoute. Difficile ? Non, à chaque joueur sa stratégie pour survivre et échapper à la colère du criard « Maimbo olombelona ».

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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