Jadis, un bougeoir était un objet purement utilitaire — sa seule ambition était de porter une bougie sans faire de vague. Aujourd'hui, il a pris une autre fonction, celle d'embellir les étagères et les salons, de créer une atmosphère, de raconter quelque chose. Joindre l'utile à l'agréable, ou plutôt le beau à l'agréable — c'est exactement ce que fait D Meuble et Archi, depuis son atelier d'Antsirabe.


« Un bougeoir ne sert pas seulement à porter une flamme, il peut aussi transmettre une émotion. » Cette phrase de Denisson Metalcraft donne le ton. Dans le showroom du Fihavanana Center Tsarasaotra, les pièces s'alignent et chacune raconte sa propre histoire. Sur une table basse, un personnage porte un panier avec une nonchalance presque vivante. Sur une étagère à l'entrée, un serveur s'avance, plateau en main, comme figé dans un geste d'accueil. Dans un coin, posé sur une sorte de tabouret, un danseur semble attraper une mesure en plein mouvement. Et puis il y a le couple dans la barque — l'homme qui rame, la femme qui regarde au loin, une scène suspendue dans le métal. « C'est simple, mais ça raconte quelque chose », confie Denisson. Pour concevoir de tels objets, il fallait une inspiration sérieuse — et visiblement, elle ne manquait pas.
Ces silhouettes ne sont pas de simples supports à bougie. Chacune joue un double rôle — objet décoratif le jour, porteur de lumière et d'ambiance le soir venu. « Une bougie ne donne pas seulement de la lumière. Elle apporte une énergie différente de celle d'une lampe électrique », explique Denisson. L'aventure commence presque par accident, en 2021, sur les réseaux sociaux. Quelqu'un demande sur Facebook si quelqu'un fabrique ce genre de décoration. Denisson répond que c'est possible. Une réponse spontanée qui ouvre une porte — et derrière cette porte, tout un atelier. « Nous avons choisi le bougeoir parce qu'il permet de montrer notre créativité. C'est un objet où l'on peut facilement exprimer notre imagination, et il reste encore assez rare », explique-t-il.
La fabrication est entièrement artisanale — métal travaillé à la main, fils colorés intégrés selon les modèles, finitions soignées qui donnent à chaque pièce son caractère propre. De petite taille, ces créations s'adaptent à tous les espaces — étagère, table console, table basse, coin salon. « C'est chacun qui choisit l'endroit où il veut leur donner une place », précise Denisson.
Les tarifs varient entre 25 000 et 295 000 ariary selon les modèles. La concurrence avec les produits importés, souvent moins chers, reste le principal obstacle. Mais Denisson ne lâche pas. « Le vita malagasy mérite d'être valorisé », dit-il d’un ton sec. Son prochain objectif — améliorer encore la qualité des pièces et ouvrir une boutique à Antananarivo. À Antsirabe, le métal continue sa transformation. Il n'est plus seulement du fer — c'est une petite lumière qui refuse de passer inaperçue.
Lucas Rahajaniaina
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Photos fournies par D Meuble et Archi