D Meuble et Archi : Ça vaut une chandelle
23 août 2026 // Mode & Design // 737 vues // Nc : 199

Jadis, un bougeoir était un objet purement utilitaire — sa seule ambition était de porter une bougie sans faire de vague. Aujourd'hui, il a pris une autre fonction, celle d'embellir les étagères et les salons, de créer une atmosphère, de raconter quelque chose. Joindre l'utile à l'agréable, ou plutôt le beau à l'agréable — c'est exactement ce que fait D Meuble et Archi, depuis son atelier d'Antsirabe.

« Un bougeoir ne sert pas seulement à porter une flamme, il peut aussi transmettre une émotion. » Cette phrase de Denisson Metalcraft donne le ton. Dans le showroom du Fihavanana Center Tsarasaotra, les pièces s'alignent et chacune raconte sa propre histoire. Sur une table basse, un personnage porte un panier avec une nonchalance presque vivante. Sur une étagère à l'entrée, un serveur s'avance, plateau en main, comme figé dans un geste d'accueil. Dans un coin, posé sur une sorte de tabouret, un danseur semble attraper une mesure en plein mouvement. Et puis il y a le couple dans la barque — l'homme qui rame, la femme qui regarde au loin, une scène suspendue dans le métal. « C'est simple, mais ça raconte quelque chose », confie Denisson. Pour concevoir de tels objets, il fallait une inspiration sérieuse — et visiblement, elle ne manquait pas.

Ces silhouettes ne sont pas de simples supports à bougie. Chacune joue un double rôle — objet décoratif le jour, porteur de lumière et d'ambiance le soir venu. « Une bougie ne donne pas seulement de la lumière. Elle apporte une énergie différente de celle d'une lampe électrique », explique Denisson. L'aventure commence presque par accident, en 2021, sur les réseaux sociaux. Quelqu'un demande sur Facebook si quelqu'un fabrique ce genre de décoration. Denisson répond que c'est possible. Une réponse spontanée qui ouvre une porte — et derrière cette porte, tout un atelier. « Nous avons choisi le bougeoir parce qu'il permet de montrer notre créativité. C'est un objet où l'on peut facilement exprimer notre imagination, et il reste encore assez rare », explique-t-il.

La fabrication est entièrement artisanale — métal travaillé à la main, fils colorés intégrés selon les modèles, finitions soignées qui donnent à chaque pièce son caractère propre. De petite taille, ces créations s'adaptent à tous les espaces — étagère, table console, table basse, coin salon. « C'est chacun qui choisit l'endroit où il veut leur donner une place », précise Denisson.

Les tarifs varient entre 25 000 et 295 000 ariary selon les modèles. La concurrence avec les produits importés, souvent moins chers, reste le principal obstacle. Mais Denisson ne lâche pas. « Le vita malagasy mérite d'être valorisé », dit-il d’un ton sec. Son prochain objectif — améliorer encore la qualité des pièces et ouvrir une boutique à Antananarivo. À Antsirabe, le métal continue sa transformation. Il n'est plus seulement du fer — c'est une petite lumière qui refuse de passer inaperçue.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : D Meuble et Archi
Photos fournies par D Meuble et Archi

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir