Pilo Kely : Petit piment, gros son
2 octobre 2026 // Musique // 69 vues // Nc : 201

Direction Copenhague. Randriamihaja Tsirava Wilkinson, alias Pilo Kely, représentera Madagascar au Beatbox Battle World Championship 2027 — l'olympiade du beatbox, qui rassemble les meilleurs beatboxers de la planète. Champion national en 2025, ce jeune homme de 21 ans n'a pas besoin de guitare ni de prise électrique. Son instrument tient entre ses lèvres.

Pilo Kely n'est plus un inconnu dans le paysage malgache du beatbox. En 2020, il participe à son premier championnat national — quarts de finale en solo, troisième place en tag team, ce format où deux beatboxers s'affrontent ou s'associent en binôme. Puis une longue pause, plusieurs années sans compétition, avant un retour en 2025 couronné d'un titre national. « J'ai vraiment fait beaucoup d'efforts avant d'obtenir ce titre », confie-t-il. Le beatbox — cette discipline née dans les rues de New York dans les années 1980, au cœur de la culture hip-hop, qui consiste à reproduire des rythmes, des effets et des mélodies uniquement avec la bouche — est arrivé à Madagascar dans les années 2010, porté par les réseaux sociaux et une poignée de pionniers locaux. Pilo Kely découvre la discipline en 2019 presque par hasard, en voyant quelqu'un reproduire un son. Il essaie, ça marche — et il ne s'arrête plus.

Ce qui le distingue, ce n'est pas seulement la technique — loops vocaux, kicks profonds, hi-hats millimétrés — c'est la façon dont il habite la scène.

« J'aime enthousiasmer le public et le faire danser », dit-il avec le sourire. Lui, il a compris que le beatbox est autant affaire de performance que de sonorité. Il observe la salle, ajuste son énergie, change de direction selon l'ambiance. Les imprévus — bouche sèche, son qui ne sort pas comme prévu — deviennent eux-mêmes du spectacle. « Il y a beaucoup d'improvisation », assume-t-il. Sa signature, c'est aussi Madagascar — le salegy intégré dans ses performances, et cette mélodie de « Ry Tanindrazanay Malala » qui surgit parfois, reconnaissable entre mille. Quant à son nom, Pilo Kely désigne le piment pili-pili — petit, certes, mais suffisamment costaud pour réveiller toute une salle.

Pour Copenhague, il s'entraîne presque tous les jours, traque de nouveaux sons, affine ses transitions. Son objectif est formulé simplement, sans détour. « Porter haut le nom de Madagascar et devenir champion du monde en solo. » Une ambition à la hauteur du personnage — un garçon dont la famille avait surtout retenu une chose dans l'enfance : il n'arrêtait pas de faire du bruit.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0346238977 / Facebook : Pilo Kely.
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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