Jean-Jacques Rakontondralay : Fin de projection
4 août 2025 // Histoire // 3847 vues // Nc : 187

Des salles de cinéma devenues lieux de location, puis temples pour églises charismatiques. Du plein essor à la fermeture, Jean-Jacques Rakotondralay y a passé des décennies. Aujourd’hui bureaucrate, le sexagénaire revient sur la grande passion de sa vie et ses années dans les salles de projection d’Antananarivo. Et… coupé !

Cinéphile invétéré, grand fan de Jim Kelly, Jean-Jacques est tombé dans le cinéma comme Obélix dans la potion magique. Son père, contrôleur puis caissier dans une salle de la capitale, l’y a initié très jeune. « En 1978, j’avais 18 ans. Je sillonnais les salles de Tana : Soa à Behoririka, l’immeuble Luxor d’aujourd’hui, Ako, Ritz, Roxy et Rex Analakely. Huit Ariary devant, douze au milieu et vingt au balcon », raconte-t-il, les yeux brillants.

Plus tard, il reprend le métier paternel et transforme sa passion en gagne-pain, témoin direct de l’âge d’or des salles. « Les queues n’en finissaient pas. Des îles voisines et des petites salles venaient chercher leurs films chez nous », raconte-t-il, nostalgique. Le cinéma ouvrait alors Madagascar au monde : westerns, espions, drames, et ces fameuses courses entre projectionnistes pour changer de bobines à la volée.

Puis arrive 1985. L’État réquisitionne les salles. Le directeur général du Consortium cinématographique est expulsé. « On diffusait des films moins attirants, plus propagandistes », soupire Jean-Jacques. Les films diffusés avaient perdu de leur qualité et de leur exclusivité. Peu à peu, les salles se dégradent, ferment. En 1996, le rideau tombe définitivement. « Quand je passe devant ces bâtiments grillagés, j’ai un pincement au cœur. J’y ai laissé une grande partie de ma vie », confie-t-il.

À la nostalgie des vakodrazana avant projection succède l’amertume. Les cinés deviennent des « balle de ping-pong » entre dirigeants successifs. Les films perdent qualité et exclusivité. Jean-Jacques regrette aussi l’époque des visas stricts (A, B, C) et des contrôles rigoureux. « Le cinéma devait éduquer. La police des mœurs passait, et gare aux infractions ! » Aujourd’hui, la prolifération des « ciné-gargotes » – maisons transformées en salles avec TV et cassettes pour 50 Ariary – le désole. Depuis 2007, les anciennes salles du Consortium (Tana, Antsiranana, Toamasina…) appartiennent à une société privée, louées pour spectacles et cultes. Jean-Jacques, lui, s’est adapté au streaming… sans oublier ce passé vibrant. Les projecteurs sont éteints, mais les souvenirs restent allumés.

Rova Andriantsileferintsoa

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Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

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