Sikidy : Ouvrir ce qui est fermé
26 décembre 2025 // Soatoavina // 658 vues // Nc : 191

Ni magie noire ni mystère exotique : le sikidy est une mécanique ancestrale d’une précision fascinante. Une science rigoureuse, un art subtil, qui prétend simplement ouvrir… ce qui reste fermé.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Les plus modernes parlent même de « codage ». Et, oui, le parallèle tient debout : lecture de droite à gauche, structure fixe, figures qui traduisent l’état d’un système. Mais réduire le sikidy à une simple science serait un appauvrissement. Il y a là une dimension sensible qui échappe aux tableaux et aux schémas. Les anciens le disent avec un petit sourire : tout le monde peut apprendre le sikidy, mais tout le monde ne peut pas résoudre un problème. Car l’art, lui, dépend de l’intuition — cette capacité à entendre ce que les graines murmurent.

La première colonne, Tale, c’est la tête. Malé, le thorax. Fahatelo, le bassin. Bilaly, les pieds. Un corps entier posé sur la terre rouge. Les lignes, elles, racontent les relations : Fihanaha pour les descendants, Abily pour l’épouse, Alisay pour l’ami, Fahavalo pour l’adversaire. Une cartographie humaine, réduite à seize cases. Deux graines dans Tale/Fihanaha ? L’âme est en paix, la tête claire. Une seule dans Malé/Fahavalo ? Le thorax se serre, un conflit viendra. Aucun mysticisme : seulement un miroir ancien, précis, d’une honnêteté parfois désarmante.

Et depuis des générations, les Malgaches y reviennent. Parce qu’au fond, nous cherchons tous la même chose : comprendre où nous en sommes, et comment… ouvrir ce qui reste fermé.

(à suivre)

Radamaranja

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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