Loetitia Razanamarie : Coco, zébu et sacs à mains
24 août 2023 // Mode & Design // 7381 vues // Nc : 163

Loetitia Razanamarie s'est lancé le défi de créer des sacs et des accessoires à partir des ressources de Sambava dans le nord de Madagascar, sa terre natale. Basée à Strasbourg, la créatrice fait honneur à son côté franco-malgache pour créer sa marque de haute maroquinerie : Vazane by Lora et Zéboutin. Présente en France depuis deux ans, Vazane présente bientôt sa seconde collection d'accessoires Upcycling. Loetitia Razanamarie y reprend des chutes de matériaux, sans laisser sa matière fétiche, le Zébucq, matière unique faite à partir de fibres de cocotier, pour en créer des accessoires chics et originaux.

Lora pour Loetitia Razanamarie et Zéboutin en rappel à son pays et à sa mascotte, le zébu. La marque Vazane by Lora et Zéboutin est la nouvelle tendance émergente en France. Fins d'un héritage culturel franco-malgache, les sacs Vazane allient des matières inédites, dont le Zébucq. Fait de fibres de cocotiers assemblées, travaillées plusieurs fois, transformées, puis utilisées sur son côté recto, le Zébucq est la matière unique à la marque. Ce choix ne s'est pas fait par hasard. « Je suis née et j'ai grandi à Sambava, où se trouve la Soavoanio, qui est la plus grande cocoteraie de Madagascar. Ma mère y a d'ailleurs travaillé pendant plus de trente ans. » Depuis, le lien entre la styliste et ce qui sera sa signature s'est créée. « J'ai souvent grimpé dans le cocotier, sans me douter qu'il allait m'offrir ma première idée de produit des années plus tard. »

Au-delà de l'aspect fibreux de sa matière d'origine, Loetitia Razanamarie a su trouver une technique pour rendre les sacs doux au toucher, semi-rigides, et résistant aux éclaboussures d'eau. La texture et la souplesse des fibres n'en ont pas été aliénées. Son sac Vazane Ely, fort d'un succès auprès de célébrités comme la miss World Madagascar, Nellie Anjaratiana, ou la chanteuse, Denise, est l'accessoire phare de sa première collection. Avec sa bandoulière, Vazane Ely peut adopter une couleur au choix de celle qui la porte. Loetitia Razanamarie parle de singularité, un concept qui inspire la styliste. La créatrice défend une mode personnalisée. « La singularité est l'un des piliers de ma marque. Je conçois des pièces uniques et incomparables, à l'image de la femme qui les porte. » Sa vision marquée de la mode, sa passion pour la création et la maroquinerie l'ont mené à sa sélection au programme de leadership féminin "Elles Osent en Grand Est" 2021/2022, et à la finale du concours Talents de Mode 2021 en France. Loetitia Razanamarie s’émeut. « Le concours (Talents Mode 2021) m'a rassuré sur mon travail et encouragé à persévérer, car j'ai été sélectionnée par une équipe de professionnels de la mode à une époque où j'étais au début de mes recherches et développement, avec un produit minimum viable. » La créatrice, après une reconversion à ses 29 ans, a été, plus tard, diplômée d'une Licence en stylisme/Modélisme, avec une spécialisation en accessoires de mode. Pleine d'espoir, la styliste ambitionne de faire briller le savoir-faire malgache par sa marque et ses particularités.

Sa deuxième collection joue sur l’Upcycling. Dans sa lancée, Loetitia Razanamarie a décidé d'allier les chutes de Zébucq à celles du cuir issues des stocks dormants des maisons de luxe. La styliste va au-delà des sacs à main, et offre une sélection hors du commun d'accessoires aux couleurs variées. « Le choix des chutes de cuir est motivé par ma volonté d'utiliser au mieux les ressources que la nature nous offre et donc de réduire le gaspillage. Utiliser les restes des grandes maisons permet d'économiser ces ressources-là. »

Quatre modèles sont à l'honneur : deux pochettes, une ceinture, et une manchette. Jouant sur un mélange de couleurs et de textures, chaque pièce reste personnalisable à souhait. Le projet a fait objet d'une levée de fonds sur le site Ulule.fr en juillet, et sera présenté cette année. En attendant, Loetitia Razanamarie continue de faire le tour des événements pour partager son concept. « Notre équipe sera prochainement présente au salon Who's Next à Paris du 2 au 4 septembre et au  salon Made in France MIF EXPO du 9 au 12 novembre. » Loetitia Razanamarie poursuit sa ligne dans l'espoir d'assurer la distribution physique de ses sacs. La créatrice a su mener, avec style, le « vita gasy » à l'échelle internationale.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Loetitia Razanamarie : loetitia@vazane.com

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir