Lumière et Raphia : Que la lumière soit
18 avril 2026 // Mode & Design // 3169 vues // Nc : 195

À Ambohitrimanjaka, Asminah Rosalbat Raveloarisoa a fait du raphia malgache une matière à part entière pour l'aménagement intérieur. Ses abat-jours — ronds, polygonaux, floraux — jouent avec la lumière d'une façon que peu de matériaux synthétiques peuvent imiter.

Allumez. La lumière traverse la fibre, se fragmente, dessine sur les murs des ombres qui bougent. Pas besoin de bougies ni de projections savantes — un abat-jour en raphia suffit à changer l'atmosphère d'une pièce entière. Suspendu au plafond, posé sur une table de chevet ou glissé dans un coin cosy en guise de veilleuse, il fait ce que peu d'objets décoratifs réussissent vraiment : transformer un espace sans l'envahir. Ces luminaires sont signés Rhh !aphi'artmalagasy.mg. Derrière la marque, Asminah Rosalbat Raveloarisoa, qui a voulu dépasser les accessoires classiques en raphia — paniers, tapis, sets de table — pour explorer ce que la fibre peut faire avec la lumière. « Mon objectif est de valoriser l'artisanat malgache et de montrer que notre savoir-faire peut être moderne, élégant et durable », confie-t-elle.

Le raphia utilisé provient d'une région spécifique de Madagascar, soigneusement sélectionné pour sa solidité et son épaisseur. Chaque abat-jour associe cette fibre à une structure métallique subtile — et parfois d'autres matériaux complémentaires — qui assurent tenue et longévité sans alourdir la pièce. Les formes varient : rondes, polygonales, plates, florales. Les couleurs vont du naturel chaleureux, cette teinte beige-ocre qui évoque immédiatement les fibres brutes, jusqu'à des teintes plus affirmées — noir, vert, orange, jaune — pour ceux qui veulent un accent franc dans leur intérieur. Chaque pièce est fabriquée sur mesure à Ambohitrimanjaka, où les artisans maîtrisent des techniques spécifiques à chaque modèle. Selon la complexité, un abat-jour peut naître en une seule journée.

L'effet obtenu est ce qu'on appelle dans les milieux du design d'intérieur une lumière vivante — ni trop diffuse, ni trop directe, avec ce grain organique que les abat-jours industriels ne savent pas reproduire. Ce n'est pas un hasard si hôtels et restaurants figurent parmi les clients les plus assidus : ces luminaires installent une ambiance tropicale, apaisante, immersive, sans avoir recours à une scénographie compliquée. Aujourd'hui, plus de cinquante artisans gravitent autour de l'atelier, chacun spécialisé dans un produit différent. Les abat-jours s'inscrivent dans cet écosystème artisanal plus large, aux côtés de tapis, paniers, vases et objets décoratifs. Les commandes se font en ligne, à partir de dix pièces, avec des tarifs à partir de 200 000 ariary pour les particuliers. Certaines créations voyagent déjà vers la France et la Suisse.

Le projet de la fondatrice : regrouper tous ses ateliers en un seul lieu, pour concentrer la production et viser plus grand à l'international. Ce que RAPHI'ARTMALAGASY.MG a compris avant beaucoup d'autres, c'est qu'une fibre naturelle bien travaillée n'a pas besoin de se justifier face au design contemporain. Elle l'enrichit. La question, maintenant, c'est de savoir jusqu'où cette lumière peut voyager.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 032 97 259 55
Facebook : RAPHI’ARTMALAGASY
Photos Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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