Go Go Dancer : Dans la lumière, après la nuit
14 juin 2025 // By Night // 2387 vues // Nc : 185

Enflammer le dancefloor de l’Hôtel de l’Avenue à Analakely, la nuit tombée : c’est leur travail. Ces quatre jeunes filles – toutes à la vingtaine – égayent ce club à partir de 21 heures les jours de semaine et 22 heures le week-end, pour ne rentrer qu’au petit matin. La nuit, elles tiennent la scène et la ligne.

Costume très léger, déhanchement bien millimétré ne laissant pas les yeux des clients indifférents. Dans le brouillard scénique, lumière stroboscopique légèrement tamisée, elles reproduisent des pas de danse qui ne relèvent nullement de l’improvisation. « Il n’y a pas de place pour ça dans notre métier. Tout est bien préparé en groupe, quel que soit le rythme proposé par le D.J. », dévoile Keiza. Et c’est vrai : de l’électro au kilalaky, de l’afro au dihy gasy et même de la danse de salon ou du tango argentin, les demoiselles sont éclectiques. « Notre présence sur cette piste a pour but d’inciter les clients à se mettre à l’aise, se lever et danser », explique Nehemia. Josia, Anja et Paulina – autres membres de la bande – acquiescent.

Pour ces oiseaux de nuit, gagner son steak grâce à la danse est comme joindre l’utile à l’agréable. « Il s’agit d’une passion pour nous toutes, depuis nos tendres enfances », laisse entendre Anja. Et ça paie relativement bien – surtout avec les pourboires – pour des jeunes adultes comme elles. « Des filles avaient entrepris ce travail avant nous, et d’autres viendront emboîter nos pas. Mon seul message est de respecter ce métier. Respectez-vous, pour la pérennité de ce travail », lance Keiza en grande sœur. Grâce à leur sérieux, Go Go Dancer est fréquemment appelée à danser dans des événements, à assurer le poste d’hôtesses. Leurs silhouettes, un des critères de recrutement pour être danseuse de nuit, y sont aussi pour quelque chose.

Danser la nuit, ça pourrait sembler facile. Paulina confie le contraire. « Souriantes et accueillantes envers les clients de la maison, nous faisons face parfois à des esprits bornés qui nous prennent pour des filles de joie et se permettent de nous harceler, jusqu’à faire des attouchements sexuels », regrette-t-elle. Les déhanchements gracieux et les mouvements ondoyants, parfois suggestifs, rendent certains fous. Heureusement, une convention a été établie avec l’Hôtel de l’Avenue : pas de photos, ni de contact physique. Sinon, les videurs jetteront les concernés dehors. « Nous sommes danseuses. Rien de plus. Malheureusement, même certains de nos proches ne comprennent pas ça », regrettent-elles. La seule chose qu’elles aspirent à faire est de danser sans se vendre, briller sans s’éteindre

Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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