Faniry Rasoanaivo « Une solution face au gaspillage alimentaire »
17 juillet 2023 // Entreprendre // 6670 vues // Nc : 162

Depuis neuf mois, Faniry Rasoanaivo s’est lancé dans l’élevage de mouches soldats noirs ou Hermetia illucens. Depuis sa cour, elle représente le groupe ECOFLY d’Antananarivo. Marché nouveau mais florissant, la vente de larves de mouches offre une solution face au gaspillage alimentaire et au chômage, tout en laissant une liste non-exhaustive de possibilités à ses ailes.

Pourquoi l’élevage de soldats noirs ?
L’initiative est partie d’un partage d’expériences avec Black Soldier Fly Farming (BSF) Toamasina. Le concept est simple : les soldats noirs ont un cycle de croissance de 45 jours ; éclos en cinq jours, ils en prennent dix pour devenir des larvaires, 15 pour atteindre le pré pupe et 20 pour se transformer en pupes ou en chrysalide puis une à deux semaines en mouches adultes.
Il m’a fallu acheter des pré pupes pour commencer l’élevage, et maintenant j’en revends pour ceux qui souhaitent se lancer.

Des insectes nettoyeurs ?
L’élevage de soldats noirs est une pratique très saine. Ce type d’insecte est différent des mouches ordinaires, car il nettoie et ne laisse ni de trace ni d’odeur.
Ce sont des insectes faciles à nourrir, car leurs larves se nourrissent de déchets organiques. 100 grammes de larves se nourrissent de cinq kilos de déchets organiques, et ce tous les cinq à dix jours. Une fois adultes, elles pondent à leur tour, puis le cycle se répète.

Les larves de soldats noirs se nourrissent de tous les types de déchets organiques, ce qui résout en grande partie le souci de collecte de déchets dans les environs, et auprès des sociétés partenaires.

Une alternative pour l’alimentation animale…
Les larves de soldats noirs sont très prisées, surtout par les éleveurs. Elles constituent déjà un aliment à base de 45 % de protéines et à 30 % de lipides, ce qui les rend idéal pour les poules, les cochons ou les poissons si les poussins peuvent déjà se nourrir de larves. Le prix de la provende animale fait parler plus d’un, mais les larves de soldat noir peuvent remplacer jusqu’à 50 % de cette nutrition, à chaque animal sa préparation. Les larves séchées sont également très recherchées, surtout par les éleveurs qui ne souhaitent pas se lancer dans l’entretien des soldats noirs, mais qui cherchent de la nourriture finie.

Une possibilité d’être transformée en engrais ?
Si l’on pousse un peu les recherches, ils peuvent également être transformés en engrais bio-organique ou en huile cosmétique. Les possibilités sont infinies, et la pratique commence à peine sa lancée dans toute l’île. Jusque-là, la BSF n’est implémentée qu’à Toamasina, Marovatana Ambohidratrimo et Antananarivo, mais tous les acteurs et nouveaux éleveurs de soldats noirs sont réunis dans un groupe sur les réseaux sociaux où des partages et de nouvelles découvertes affluent.

En six semaines, un kilo d’œufs de mouches noires se transforment en six tonnes de larves.
Une mouche soldat noire ou Hermetia illucens.

Une activité rentable ?
Le kilo se vend entre 100 000 Ariary le kilo de pupe et 60 000 Ariary le kilo de larves. C’est une activité qui peut très bien être entreprise par tout individu, il ne requiert pas d’espace énorme : le premier défi est la construction d’une « cage love » pour abriter les soldats noirs, de créer l’environnement propice à leur accouplement, et le reste soit la nutrition et la collecte des œufs une fois le soleil couché, est tout à fait praticable en air libre.

Quels sont les défis ?
Pour l’instant, je travaille seule. Il y avait bien une équipe, mais c’est moi qui gère tout en ce moment : de la collecte des déchets tous les deux à trois jours auprès des ménages, au filtrage des larves et des pré pupes. Il s’agit, en plus, d’un concept qui intéresse énormément les éleveurs : la demande en est croissante. Faire face à cette demande est la satisfaire est un des plus grands défis du secteur, quel que soit l'endroit à Madagascar. Avec mes soldats noirs, j’arrive à produire jusqu’à 50 kilos de larves par cycle, mais ce n’est pas toujours assez. C’est à ce moment que je demande l’aide du réseau, pour combler le manque.

Un secteur qui prend désormais son envol…
La communauté BSF se met au défi d’offrir des formations gratuites à tous ceux qui sont intéressés, aux formés d’acheter leurs pré pupes pour commencer à se lancer. L’activité est rentable si l’on peut en assurer une bonne production. L’élevage est davantage propice si elle est pratiquée au sol, c’est un système qui facilite le tri des larves. D’ailleurs, cette méthode est mon prochain défi, en plus de produire, pour bientôt, j’espère, des larves séchées. De l’engrais, de la nourriture pour les animaux de ferme, et bientôt les animaux domestiques, de l’huile employée dans le domaine du cosmétique… le secteur offre un large choix d’alternatives pour évincer le gaspillage et le chômage, sans forcément occuper trop d'espace.

La Black Soldier Fly
(BSF) ou mouche soldat noire est un insecte originaire du continent américain. Elle est aujourd’hui naturellement présente à Tahiti et dans ses îles.

En six semaines, un kilo d'œufs de mouches noires se transforment en six tonnes de larves.

Entre 40 et 50 % du poids de la matière sèche d’une larve de mouche soldat noire est constitué de protéines.

La mouche soldat noire ne mord pas, ne pique pas et n’est pas un vecteur de maladies. Elle est d’un naturel discret et n’est pas envahissante. Ce n’est donc pas un insecte nuisible.

Source : https://www.up-to-us.veolia.com/

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Making of shooting mode – juin 2026 – NC 197

Retrouvez le making of shooting mode du no comment® magazine, édition Juin 2026 - NC 197
Prise de vue : Le Sohimanga Restaurant
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - AKOMBA GARMENT MG - CARAMBOLE
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Elianah, Eyevan, Diamondra, Sitraka, Endrikaja, Mitia, Taniah, Tafita
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir