À Ambondrona, il faut monter 89 marches pour trouver l'une des adresses les plus attachantes de la capitale. Le restaurant Escalier 89 joue la carte du refuge perché — on y vient pour manger, mais aussi pour rester. Livres qui traînent, jeux de société qui attendent, ambiance décontractée qui ne pousse personne vers la sortie.

Le nom, d'abord, mérite son histoire. À l'origine, Nomenjanahary Santatra Donata et son père avaient baptisé le projet « Coco Jumbo ». Puis deux touristes, lors de la finalisation, ont compté les marches et lâché l'évidence — le restaurant se trouvait exactement à la 89e. Donata a recompté d'un côté, son père de l'autre. Verdict confirmé, nom trouvé. « Ça racontait aussi l'histoire du lieu », raconte la propriétaire avec un sourire. Ce qui s'est construit ensuite l'a été à l'instinct — pas de grande expérience dans la restauration, mais une passion solide et l'envie de créer quelque chose qui leur appartient vraiment. Le résultat est une adresse qui oscille entre petite cantine familiale et repaire américain, sans vraiment choisir — et c'est précisément ce qui lui donne du caractère.

Le thé-cola au baobab, ramené de Majunga, est l'une des signatures maison — une spécialité parmi les premières proposées dans le coin, affirme l'équipe. Les burgers, eux, occupent le terrain avec une belle désinvolture — huit recettes au compteur, dont quatre signatures imaginées par Donata et son père. Double Down au fromage pané, Crispy Chicken, Beefcolada, burger zébu aux légumes grillés ou version avocat — le burger n'a visiblement pas reçu le mémo lui demandant de rester classique. « C'est nous qui avons tout créé, nous sommes autodidactes », assume-t-elle. Brochettes, pakopako et rhum arrangé maison complètent la carte. Les boissons démarrent à 2 000 ariary, les plats entre 4 000 et 25 000 ariary.
La salle d'une cinquantaine de places accueille aussi anniversaires et petits événements, avec un service traiteur sur réservation. Les horaires courent du lundi au samedi, de 9h à 20h — mais si des clients sont encore là, Donata reste. « S'il y a encore des clients, je reste toujours. »
La suite pourrait grimper encore — une adresse dédiée au rhum arrangé, des animations dominicales, peut-être du stand-up ou de l'acoustique. Pour les lives du vendredi, elle reste prudente — la musique oui, mais sans transformer l'escalier en festival de décibels. À la 89e marche, manifestement, l'idée n'est pas de redescendre tout de suite.
Lucas Rahajaniaina
Contact : 0384292931
Facebook : Restaurant escalier 89
Photos : Andry Randrianarisoa