
Pardonne-nous,
Toi qui nous as offert le vert infini de tes forêts,
Nous avons trahi tes racines,
Pour quelques billets froissés,
Des arbres géants sont tombés,
Et le silence a remplacé le chant des vents.
Pardonne-nous,
Toi qui nous as confié tes créatures,
Nous les avons volées, éteintes, dispersées,
Le lémurien ne danse plus,
La tortue fuit un sol devenu piège,
Et l’ébène de tes nuits pleure l’absence de ses gardiens.
Pardonne-nous,
Toi qui caches l’or dans tes entrailles,
Nous avons creusé, saigné ta chair,
Les rivières noircies portent le deuil,
Et les collines s’effondrent sous le poids de nos pioches avides.
Pardonne-nous,
Toi dont les terres vivaient d’un équilibre fragile,
Nous avons comblé, détourné, étranglé tes veines,
Les pluies, furieuses, viennent réclamer leur dû,
Et dans les rues noyées, les souvenirs s’effacent.
Madagascar,
Nous sommes tes enfants égarés,
Nous te devons plus que des mots,
Mais en attendant d’agir,
Laisse-nous poser ces excuses sur ton sol meurtri,
Comme une promesse d’un jour nouveau.
Poème de H. R.