Commandant Ndriana Andriamboavonjy : Le chevalier du ciel
3 juillet 2026 // Il était une fois // 155 vues // Nc : 198

Il a été le tout premier pilote malgache à devenir commandant de bord d'Air Madagascar, recruté à peine deux ans après la naissance de la compagnie nationale. Récemment, l'État et la compagnie l'ont décoré pour ses trente années de service. À 80 ans passés, l'homme reste d'une simplicité désarmante — facile d'accès, intarissable quand on le laisse raconter.

Tout commence par une évidence presque naïve. « Après le bac, il fallait trouver des études à faire pour contribuer au développement du pays. L'aviation m'a tout de suite séduit. Mon père m'a vraiment encouragé à prendre cette voie », raconte-t-il. Mais devenir pilote exigeait une licence que Madagascar ne pouvait pas encore délivrer, et l'Armée française posait sa propre condition : la nationalité française, en plus d'un engagement de six ans minimum. Ndriana franchit le pas. Il devient le premier volontaire malgache admis au concours de l'École de pilotage de l'Armée de l'Air française — un exploit qui, à l'époque, électrise tout le monde autour de lui.

En 1960, l'indépendance retrouvée le place devant un choix cornélien : rester français pour conserver son escadrille, ou redevenir malgache et rejoindre l'armée nationale. « Je m'étais dit : combien de fois faudrait-il que je demande la nationalité française pour devenir un vrai Français ? », raconte-t-il.

Il choisit Madagascar, sans hésiter davantage. Il devient alors le premier officier du service général de l'escadrille malgache, pilote de Broussard, et figure presque mythique dans les aéroports régionaux. « À chaque escale, tout le personnel se ruait vers moi pour rencontrer ce petit Malgache qui pilote un avion », dit-il avec ce rire rocailleux. Le Général Gabriel Ramanantsoa tentera même de le retenir dans l'armée, en menaçant — mi-sérieusement — de lui « mettre des bâtons dans les roues » s'il partait. Le courant des choses en décidera autrement.

En 1964, Ndriana entre chez Air Madagascar, la compagnie nationale toute jeune encore. Trente ans de carrière s'enchaînent : Broussard, Dragon — transportant les grandes personnalités du pays —, puis DC3, DC4, HS, Twin, Boeing 737 et finalement le Boeing 747, le fleuron de l'aviation civile de l'époque. Un parcours que le ministre de la compagnie nationale a récemment salué lors d'une cérémonie d'hommage.

« Il fait partie des premiers pilotes malgaches et a consacré de longues années de sa vie à cette profession. À travers cette reconnaissance, c'est toute la nation malgache qui exprime sa gratitude », avaient lancé les autorités étatiques qui ont honoré de leur présence cette cérémonie. Le Ministère de la Communication et de la Culture l’a même à lui attribuer une distinction honorifique nationale — comme pour rappeler que certains pionniers méritent mieux qu'un simple certificat, fût-il encadré.

Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir