Baina Arphilica : Un poids lourd du jeu
9 novembre 2021 // Loisirs & J’ai essayé // 9238 vues // Nc : 142

Vous avez toujours rêvé de conduire un camion sur les routes nationales malgaches ? C’est chose faites avec le « Dago Map » développé par Bain Arphilica. C’est un jeu de simulation de camions comme l’ETS (« Euro Truck Simulator ») mais qui permet devenir un routier virtuel en traversant Madagascar et non l’Europe.

Pourquoi un jeu sur les camions ?
J’adore les poids lourds, j’ai même appris à les conduire sur la RN 2, mais je suis aussi un grand fan de jeux vidéo surtout de simulation, très proches de la réalité. À l’époque, j’étais sur WRC, Resident Evil, GTA, Dragon Ball Z et surtout Black Hawk, un jeu de tir FPS (First Person Shooter, Jeu de tir à la première personne). Ensuite, je me suis rendu compte que c’étaient toujours les étrangers qui créaient ces jeux-là, alors que nous à Madagascar, nous en sommes tout aussi capables.

En plus, nous sommes de grands joueurs. En 2019, j’ai appelé des potes pour m’aider à monter le projet, ils m’ont ri au nez, donc je me suis lancé tout seul en me formant pendant six mois. Mes études en modélisation et en développement m’ont beaucoup aidé. J’ai bien sûr rencontré des difficultés avant d’arriver à ce stade pour ne citer que le manque de sommeil, le délestage et bien sûr les jugements de la famille.

Comment on crée un simulateur de camions ?
J’ai d’abord créé deux versions : la première je ne l’ai pas présentée au public, juste à quelques personnes qui n’étaient pas convaincues, et la seconde, on me l’a piratée. La troisième, c’est Dago Map avec le correctif 1.41 en multi-joueurs. Concrètement, je vais sur Google Map, je tape un itinéraire, il me montre une route et je réalise un tracé ligne par ligne. J’ajoute ensuite les détails des maisons… tout cela par clic. Par exemple, de là où j’habite jusqu’à Ambohimangakely, j’ai réalisé près de 6 000 clics. Pour la réalisation d’un crocodile pour le parc d’Andasibe, j’ai mis trois mois ! Dans ce métier de développeur, dès que tu fais une petite erreur, par exemple un espace en plus ou en moins, rien ne va plus. Il faut trouver le problème, ça peut prendre une semaine. Il faut également créer des personnes, des animaux mais surtout des éléments qui n’existent pas directement comme les pousse-pousse, les ravinala (arbres du voyageur), le Rova de Manjakamiadana qui sont spécifiques au pays. En fait, j’ai réalisé une carte de Madagascar avec les six provinces et près de 280 villes. Je me donne une année pour terminer toute la carte.

Comment y joue-t-on ?
On te donne un garage, de l’argent et ta mission, c’est de livrer des marchandises dans différentes villes de Madagascar. Au fur et à mesure que tu joues, tu as des contrats, tu peux gagner beaucoup d’argent, agrandir ton garage, acheter des camions et engager des conducteurs. Ce sont surtout des adultes qui aiment ce jeu, les plus jeunes préfèrent les taxi-brousse pour leur conduite un peu plus « sauvage. » Le concept du taxi-brousse que j’ai créé, c’est de ramener des voyageurs à destination. Comme c’est multi-joueurs, on peut faire des convois. Mais le jeu tend à évoluer. J’aimerais vraiment rajouter cette sensation d’être dans un vrai camion et de ressentir les secousses, la pluie, de rouler dans la boue… C’est encore du travail mais j’y arriverai.

Réaction des « gamers » ?
Beaucoup aiment et beaucoup détestent, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs ! D’autres estiment que c’est cher alors qu’ils ne se rendent pas compte du temps que je passe dessus. Pour tout vous dire, ça fait presque quatre ans que je n’ai pas vu Analakely ! Mais je suis content du résultat. J’ai des clients en France, en Allemagne, en Russie et en Croatie. Ils adorent le jeu puisque ce sont des paysages qu’ils ne voient pas tous les jours. Mon prochain projet est de réaliser un jeu avec les taxis, les bus, les taxi-brousse et les camions.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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