Alahasatibe : Purifier, bénir, espérer
22 août 2025 // Soatoavina // 4238 vues // Nc : 187

Après la célébration de l’Alahamadibe, le Nouvel An malgache qui marque le premier mois de l’année, l’Alahasatibe compte parmi les périodes sacrées que l’on honore à Madagascar. Ce mois particulier est un moment privilégié pour renouveler ses voeux, affiner ses requêtes ou en formuler de nouvelles, celles déjà émises durant le mois d’Alahamady.

Pour les natifs de cette période, le rituel est plus simple : il leur suffit de réitérer leurs souhaits précédents en se rendant à une source d’eau naturelle et en y formulant leurs demandes. L’eau, élément purificateur par excellence, est ici symbole de vie et de renouveau. Mais pour les autres, des cérémonies plus élaborées s’imposent afin de canaliser la force et l’énergie propres à l’Alahasatibe. Ces rituels permettent de s’assurer que leurs désirs se matérialiseront au moment opportun.

Globalement, la nouvelle lune marque le point d’orgue des célébrations. C’est une occasion de se purifier dans une fontaine ou une rivière sacrée, d’accomplir des voeux à travers des offrandes composées de bonbons, de miel – symboles universels d’abondance, de douceur et de prospérité – et, parfois, de procéder à des sacrifices animaux (coq, mouton ou zébu) selon la nature des requêtes et la tradition propre à chaque région. Ces gestes, transmis de génération en génération, visent à harmoniser l’homme avec les forces invisibles qui régissent l’univers.

C’est aussi durant l’Alahasatibe que l’on bénit les charmes, fortifie les remèdes traditionnels et protège les foyers contre les aléas de l’année à venir. Qu’il s’agisse de garantir des récoltes généreuses, de multiplier les troupeaux ou d’écarter la malchance, chaque pratique est empreinte de croyances ancestrales. Cependant, un principe fondamental guide ces rites : les souhaits doivent être porteurs de bien, car ce que l’on sème finit toujours par revenir à soi. Comme le dit la sagesse populaire : « On récolte ce que l’on sème » et « celui qui sème le vent récolte la tempête. » Plus qu’un rituel, l’Alahasatibe nous rappelle d’adopter dès aujourd’hui des pratiques vertueuses, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour les générations futures.

Radamaranja

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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