Vatosoa Rakotondrazafy : Du style par nature
29 juillet 2023 // Mode & Design // 9805 vues // Nc : 162

Se distinguer et défendre une cause en un mot : Conserfashion. La marque de vêtements, prisée par les leaders de la conservation à Madagascar, est l’idée de Vatosoa Rakondrazafy. Ambassadrice des pêcheurs marins de Madagascar, la jeune femme personnalise les vêtements depuis janvier 2023, et y associe des couleurs et les tissus en s’inspirant de la nature et des militants de l’environnement.

Elle a habillé une quarantaine de personnalités dont des représentants nationaux et internationaux, Vatosoa Rakondrazafy est la créatrice d’une marque de vêtements sous la signature de la conservation. Femme de terrain et porte-parole des communautés locales, la jeune femme est l’heureuse gagnante du prix Whitley Awards 2019 – prix des leaders de la conservation inspirants de l’année – pour son combat pour la sauvegarde des ressources maritimes. Conserfashion est sa signature. « Je ne suis pas une styliste, je ne suis pas née pour l’être. Mais à chaque fois que j’assiste à des conférences internationales, on me fait des remarques sur mes vêtements. Durant la Conférence des Partis COP26 à Glasgow, on me surnommait la femme colorée, The colorful woman. » Vatosoa personnalise ses vêtements et y ajoute une touche tropicale depuis plusieurs années, c’est de là qu’est née l’envie d’en créer pour les autres. « En allant à cette conférence, je me suis demandée pourquoi tout le monde était habillé de costard gris sombre.

C’est là que je me suis dit pourquoi ne pas changer ça, pourquoi ne pas se faire beau/belle pour la nature ? » Et c’est l’esprit qu’entraîne Conserfashion, de son logo : #manjabe4nature ou belle pour la nature.

C’est cette touche de couleur qui démarque Conserfashion. Avec deux stylistes, Vatosoa personnalisent les vêtements en utilisant les tons de la nature. « A chaque nouvelle commande, nous demandons à l’intéressé.e de parler de son histoire, de son enfance. Nous essayons également de bien connaître l’événement auquel iel va assister pour en ressortir un modèle unique et nouveau. » L’équipe utilise du lambahoany, du wax, des tissus africains, et bientôt du raphia. Les modèles sont soignés au détail près. Dans le choix de la matière, Vatosoa Rakondrazafy s’y applique personnellement. « Quand je voyage, je prends toujours un moment pour voir les tissus atypiques, et ce, où que je sois dans le monde. Pour les lambahoany, j’essaye de trouver des motifs variés autre que le traditionnel lémurien. » Du bleu, du jaune, du vert et du rouge, chaque couleur représente un élément de la nature. Les modèles sont dévoilés au public à travers leur page sur les réseaux sociaux, l’image est souvent accompagnée de l’histoire du leader qui le porte. « J’ai remarqué que les leaders de l’environnement ont tendance à se placer sous le radar. L’esprit de la page est de les mettre en avant, car iels le méritent si bien, pour tout ce qu’iels font. »

Mais la marque ne serait pas sans le mot conservation. L’atelier défie le gaspillage par une collaboration avec les sociétés de textile. L’équipe se veut faire ressortir des modèles hors du commun à partir de chutes de tissu. « Les jeans, le cuir, ce sont des tissus qui ont un impact quelque peu négatif sur l’environnement. Chez Conserfashion, nous les reprenons pour montrer au public que ses tissus peuvent être transformés. » La marque pionnière de la mode à la « slow life » a déjà une collection à son attache, et une autre d’hiver – de perfectos et de vestes – à venir sous son nom « Fosa ». L’équipe ne néglige pas son impact en offrant les 10 pour cent de bénéfice de chaque vente à la reconstitution d’une forêt à Andasibe. Et plus que les leaders, les corps de terrain, les passionnés et défenseurs de la cause sont également intéressés par la marque, comme quoi la tendance trouve sa place partout.

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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