Lehibe Chan : Langage du corps
6 mai 2023 // Photographie // 3590 vues // Nc : 160

Originaire de Toamasina, il fait partie des rares photographes malgaches qui posent son regard sur la danse. En mars dernier, il a réalisé une exposition intitulée « Langage du corps » durant le festival inclusif Miaraka organisé par la Compagnie Lovatiana à Antananarivo. À travers son objectif, il veut transmettre le dynamisme, l’énergie qui se dégagent des sujets sur une scène conventionnelle ou pas.

Capturer les corps en mouvement, leurs complexités, leur beauté, leur poésie, c’est un exercice que Lehibe Chan apprécie particulièrement. Dans son exposition « Langage du corps », il veut faire prendre conscience de l’importance de la communication non verbale. Une série de photos, de danseurs amateurs et professionnels, qui explore l’expression corporelle au-delà des limitations physiques et mentales. Certaines séries comme Défier les stéréotypes montrent que la passion pour la danse n’a pas de limite malgré le handicap. « Ces photos aide à favoriser l’accès à la vie culturelle et artistique des personnes en situation de handicap, de briser les stéréotypes et les préjugés. En les présentant dans des contextes différents, avec des expressions et des gestes variés, les spectateurs peuvent être amenés à reconsidérer leurs perceptions.

Cette prise de conscience peut nous aider à mieux comprendre les autres, à améliorer nos relations et à développer notre empathie. Elle peut également aider à promouvoir l'inclusion et la diversité dans notre société en encourageant le respect et la compréhension mutuelle entre les individus. »

Le photographe présente sept séries de photos issues pour la plupart de pièces chorégraphiques créées par des danseurs et chorégraphes malgaches comme Zoé Dinampitia, Kezia Jonah, Jean-Jacques Ranaivoson ou encore la Compagnie Jiny. « Chaque photographie raconte sa propre histoire. Elle offre une expérience immersive et inspirante. Les images présentent des activités puissantes et énergiques, ainsi que des émotions plus subtiles et introspectives à travers le corps figé des danseurs. »

Cette série de photos sur la danse, Lehibe Chan souhaite la compléter avec des clichés d’autres danseurs dans tout Madagascar. « Rassembler un maximum de photographies de danse pour mettre en lumière la diversité des danseurs à Madagascar et pour pouvoir réaliser une grande exposition, plus tard. Je souhaite également collaborer avec les institutions qui seraient intéressées par mon travail. »

Depuis 2017, Lehibe Chan se professionnalise dans les photos d’événements culturels en faisant la couverture de plusieurs festivals locaux ou internationaux. Bien que la danse soit son terrain de jeu, il apprécie également les scènes de vie ou la réalisation de portraits. Pour lui, chaque occasion ou rencontre permet d’améliorer ses techniques. « Par contre, j’utilise rarement mon flash. Je préfère la lumière naturelle qui donne un résultat simple et épuré à mon travail. » 

La détermination
dans IMAINTSOANALA Pièce chorégraphique de Zoë Dinampitia interprétée par Tahala Company en 2020.
Visions du mystère dans OVNI
Pièce créée par Jean Jacques Ranaivoson et interprétée par lui même en 2020.
L’indépendance dans Défier les stéréotypes
En 2023, Célien RABIBISOA CHAN, âgé de 54 ans en situation de handicap. Il est passionné par le sport comme l’athlétisme, le basket-ball, la musculation et la break-dance, nous démontre que la passion pour la danse ne connaît aucune limite, et que la créativité peut être exprimée de différentes manières. Les photographies captent les mouvements gracieux du danseur, qui utilise son fauteuil roulant comme une extension de son corps.

Mana dans TSARA AKIA NDRY …
Pièce de la compagnie Cie JINY par la chorégraphe Géraldine Leon Sang en 2018.
L’équilibre et l’âme dans AKOLITA
Écriture chorégraphique de Yves J. Ranaivoson et Nanie Oliva RANDRIANASOLO, interprétée par eux-mêmes en 2018.
Hatraiza dans VAVITIAGNA
Pièce écrite par la danseuse Zoë Dinampitia en 2013, et Kezia Jonah a repris le rôle en 2020.
… Hifono lamba mena dans VAHINY
Pièce créée par Rakotobe Lovatiana Erica en 2021 qui évoque une histoire émouvante inspirée par les Martyres de Madagascar. La Compagnie Lovatiana est formée de plusieurs personnes en situation de handicap, des personnes que nous pensons avoir l’incapacité de faire des gestes artistiques.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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