Lehibe Chan : Langage du corps
6 mai 2023 // Photographie // 3004 vues // Nc : 160

Originaire de Toamasina, il fait partie des rares photographes malgaches qui posent son regard sur la danse. En mars dernier, il a réalisé une exposition intitulée « Langage du corps » durant le festival inclusif Miaraka organisé par la Compagnie Lovatiana à Antananarivo. À travers son objectif, il veut transmettre le dynamisme, l’énergie qui se dégagent des sujets sur une scène conventionnelle ou pas.

Capturer les corps en mouvement, leurs complexités, leur beauté, leur poésie, c’est un exercice que Lehibe Chan apprécie particulièrement. Dans son exposition « Langage du corps », il veut faire prendre conscience de l’importance de la communication non verbale. Une série de photos, de danseurs amateurs et professionnels, qui explore l’expression corporelle au-delà des limitations physiques et mentales. Certaines séries comme Défier les stéréotypes montrent que la passion pour la danse n’a pas de limite malgré le handicap. « Ces photos aide à favoriser l’accès à la vie culturelle et artistique des personnes en situation de handicap, de briser les stéréotypes et les préjugés. En les présentant dans des contextes différents, avec des expressions et des gestes variés, les spectateurs peuvent être amenés à reconsidérer leurs perceptions.

Cette prise de conscience peut nous aider à mieux comprendre les autres, à améliorer nos relations et à développer notre empathie. Elle peut également aider à promouvoir l'inclusion et la diversité dans notre société en encourageant le respect et la compréhension mutuelle entre les individus. »

Le photographe présente sept séries de photos issues pour la plupart de pièces chorégraphiques créées par des danseurs et chorégraphes malgaches comme Zoé Dinampitia, Kezia Jonah, Jean-Jacques Ranaivoson ou encore la Compagnie Jiny. « Chaque photographie raconte sa propre histoire. Elle offre une expérience immersive et inspirante. Les images présentent des activités puissantes et énergiques, ainsi que des émotions plus subtiles et introspectives à travers le corps figé des danseurs. »

Cette série de photos sur la danse, Lehibe Chan souhaite la compléter avec des clichés d’autres danseurs dans tout Madagascar. « Rassembler un maximum de photographies de danse pour mettre en lumière la diversité des danseurs à Madagascar et pour pouvoir réaliser une grande exposition, plus tard. Je souhaite également collaborer avec les institutions qui seraient intéressées par mon travail. »

Depuis 2017, Lehibe Chan se professionnalise dans les photos d’événements culturels en faisant la couverture de plusieurs festivals locaux ou internationaux. Bien que la danse soit son terrain de jeu, il apprécie également les scènes de vie ou la réalisation de portraits. Pour lui, chaque occasion ou rencontre permet d’améliorer ses techniques. « Par contre, j’utilise rarement mon flash. Je préfère la lumière naturelle qui donne un résultat simple et épuré à mon travail. » 

La détermination
dans IMAINTSOANALA Pièce chorégraphique de Zoë Dinampitia interprétée par Tahala Company en 2020.
Visions du mystère dans OVNI
Pièce créée par Jean Jacques Ranaivoson et interprétée par lui même en 2020.
L’indépendance dans Défier les stéréotypes
En 2023, Célien RABIBISOA CHAN, âgé de 54 ans en situation de handicap. Il est passionné par le sport comme l’athlétisme, le basket-ball, la musculation et la break-dance, nous démontre que la passion pour la danse ne connaît aucune limite, et que la créativité peut être exprimée de différentes manières. Les photographies captent les mouvements gracieux du danseur, qui utilise son fauteuil roulant comme une extension de son corps.

Mana dans TSARA AKIA NDRY …
Pièce de la compagnie Cie JINY par la chorégraphe Géraldine Leon Sang en 2018.
L’équilibre et l’âme dans AKOLITA
Écriture chorégraphique de Yves J. Ranaivoson et Nanie Oliva RANDRIANASOLO, interprétée par eux-mêmes en 2018.
Hatraiza dans VAVITIAGNA
Pièce écrite par la danseuse Zoë Dinampitia en 2013, et Kezia Jonah a repris le rôle en 2020.
… Hifono lamba mena dans VAHINY
Pièce créée par Rakotobe Lovatiana Erica en 2021 qui évoque une histoire émouvante inspirée par les Martyres de Madagascar. La Compagnie Lovatiana est formée de plusieurs personnes en situation de handicap, des personnes que nous pensons avoir l’incapacité de faire des gestes artistiques.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - M'iray Kalo - Juin 2026 - NC 197

Découvrez M'iray Kalo dans le no comment® NC 197 – juin 2026
M’iray Kalo est un groupe de 15 jeunes qui font du kalon’ny fahiny. Ces chanteurs et musiciens, âgés entre 18 et 35 ans ressuscitent ce style musical qu’on croyait condamné aux vieux salons, aux vieux papis et mamies à la retraite depuis des lustres

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir