Tanteliniaina Ramarozatovo « Je photographie les sentiments »
12 août 2023 // Photographie // 2903 vues // Nc : 163

Elle est jeune et passionnée de photographie. Tanteliniaina Ramarozatovo, de son nom Honey ou Tanteliniaina Ram sur les réseaux, a décidé il y a un an de tout lâcher, et de vivre de sa passion. Derrière ses convictions, elle projette des photos peu communes - des nues artistiques - dans un esprit d'acceptation et d'amour pour les dits défauts d'une personne. Depuis son studio à Antananarivo, la jeune femme s'arme de son appareil photo pour capturer les poses de modèles dont l'histoire laisse autant de cicatrices mentales que physiques.

La photographie, pour capturer les sentiments ?
C'est ma passion. Plus jeune, je prenais déjà des photos ici et là ; il y a cinq ans, j'ai acheté un appareil photo pour, quatre ans plus tard, m'y lancer professionnellement. J'ai alors quitté mon poste de l'époque, pour entièrement plonger dans le milieu.
Je suis également photographe pour d'autres entités où j'essaye de toujours garder ma signature. Je ne suis pas vraiment à la recherche d'argent ou de popularité, je photographie surtout les sentiments ; ma page "Tanteliniaina Ram" - sur Facebook et Instagram - tient son sens dans l'idée que l'on s'apprécie.
Les photos sont axées sur la thérapie, la confiance en soi, et l'appréciation du corps. Chaque personne que je photographie a une histoire que je m'efforce de faire ressortir sur chaque cliché.

D’où le nu artistique ?
J'aime connaître l'histoire des personnes que je prends en photo, et les entendre parler de ces détails qu'elles appellent les « défauts’ de leur corps. J'insiste sur ces parties pour ensuite les montrer au modèle et lui dire « tu vois que ce n'est pas laid, c'est naturel. » Et cela a un effet sur l'appréciation du corps et leur estime de soi. Au-delà de cela, je voudrais véhiculer l'espoir : j'ai créé une collection qui traite exclusivement de la santé mentale, avec une fille qui connaît des difficultés dans ce sens. L'objectif a été de lui prouver qu'elle est tout à fait normale, en le projetant sur ses photos. Avec ce concept, je voudrais également bousculer la société sur le sujet, et pousser chacun à demander des nouvelles de leurs proches, en tenant compte du fait que personne ne sait ce que l'autre vit réellement. Pour cela, je suis en train d'organiser une exposition sur ce thème, et avec cette même jeune fille ; l'exposition aura lieu cette année à Antananarivo.

Et ton histoire à toi ?
Je parle beaucoup de ces sujets, et je veux aider ceux qui ne se sentent pas à l'aise avec leur corps parce que j'ai moi-même été à leur place. De par ma taille, mes cheveux frisés, en plus des commentaires de la société, je ne me suis pas toujours sentie belle. Un jour, j'ai décidé de me prendre en photo, en me disant que, peut-être, si je me trouvais jolie sur celles-ci, je me sentirais beaucoup plus à l'aise avec mon corps. Cela a marché, et le déclic était là : je voulais que les autres ressentent cela. On se cache souvent sous des vêtements oversize, mais une fois qu'on les retire, et qu'on se mette à l'aise, l'âme de la photo en sort naturellement.

Aphrodite a dit que c’était jolie.
Chers seins tombants, je vous libère.
Ne vole pas ce moment, il est à moi…
J’ai fait la guerre et j’ai gagné.
Moi et mes tâches indélébiles, parfaitement heureuses.

Parle-nous de tes convictions…
Je reçois des femmes et des hommes, le but étant vraiment de soigner leurs blessures intérieures. Il y a ce bonheur qu'on ressent en voyant le passage d'une personne en manque de confiance à celle qui est plus forte et est capable de tout. Je m'inspire de mon vécu, et beaucoup de l'histoire de ces personnes pour mes projets. Quant à la maladie mentale, c'est un des plus grands problèmes des jeunes en ce moment, et pourtant, je trouve que l'on n'en parle pas beaucoup. Si je peux apporter ma petite contribution dans ce sens, mais aussi leur offrir une thérapie, je ne peux être que ravie. D'ailleurs, j'ai ce message à faire passer à tous ceux qui me lisent : parlez-en, pour que ça ne vous détruise pas de l'intérieur. Et pour tous ceux qui souhaitent se lancer, comme moi, n'ayez pas peur de faire les choses. Suivez vos rêves.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Tantelianiaina Ram : + 261 32 81 557 29

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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