Rany et Andrianina
28 mai 2025 // Quiz & Actuel // 6378 vues // Nc : 184

Rany : Les valeurs comme moteur

La veille d’un grand événement, Rany et son équipe ne se couchent qu’à une heure du matin, comme la fois où ils devaient relancer toutes les invitations pour l’atelier de lancement d’une formation sur le VIH. Comment ce jeune gestionnaire de projets communautaires a-t-il tenu cinq ans dans un domaine qui exige autant d’engagements que de résilience mentale ? Il travaille d’abord pour ses valeurs et non pour l’argent. « Il y a toujours des difficultés dans chaque travail, mais quand l’argent est la seule chose qui pèse dans la balance, il est facile d’abandonner.

En revanche, quand on a des valeurs, qu’on sert et incarne quelque chose de plus grand que soi, on se donne à fond tout le temps, et on sera extrêmement résilient ». Les jours plus calmes, les valeurs continuent de nourrir sa ténacité : il lui est arrivé de devoir réenregistrer tout un podcast à cause d’une fausse manipulation du magnétophone. Là, c’est sa casquette d’activiste des droits humains qui a pris le relais : « le fait est qu’il ne s’agit pas seulement de créer des podcasts pour de l’argent, mais pour changer les choses, pour impacter la communauté, et ça nous a remotivé très vite à le refaire ». S’il est autant porté par ses convictions, c’est grâce aux personnes engagées qui l’ont toujours entouré. En effet, ses grands-parents, professeurs de malagasy passionnés, l’ont fortement marqué. Son grand-père, encadreur d’un club Vintsy, l’emmenait déjà au lycée alors qu’il n’avait que six ans, ses professeurs étaient tout aussi enthousiastes. Par la suite, Rany a occupé des postes à forte implication sociale en tant que bénévole, volontaire, ou consultant, privilégiant toujours ses convictions. « J’ai déjà travaillé dans un call center où j’étais très bien payé, mais je me sentais vide. Mais ce que j’ai remarqué chez ceux qui travaillent pour leurs valeurs, c’est qu’ils veillent plus tard, se lèvent plus tôt, s’investissent pleinement, parfois jusqu’à brouiller la frontière entre vie personnelle, professionnelle et communautaire. Leur travail devient une priorité, car il reflète profondément ce qu’ils sont, et ceux qui partagent leurs valeurs deviennent souvent leurs amis ». Pour la suite, il cherche à se spécialiser dans les relations publiques.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Rany Mazany

Andrianina : Plus trop passionnée

Quand elle a commencé, c’était un job étudiant. Quatre ans plus tard, Andrianina (nom d’emprunt) y est toujours, mais la passion est partie. Pour cela, elle ne fait plus que ce qui lui est attribué de faire. « Ce travail est un cadeau, mais c’est aussi un piège parce que c’est quelque chose que je n’apprécie pas tant, mais qui me permet de rester à l’aise financièrement, tout en me laissant du temps libre. » Elle n’y va pas tous les jours. Parfois, quand le stress du job lui vient, elle utilise ces moments libres pour elle. « Pour oublier, je m’occupe et je fais ce que je veux, comme du sport, je regarde des séries, j’apprends de nouvelles choses. »

Et si elle a autant d’appréhensions, c’est parce que ce n’est pas encore son occupation de rêve. Entre les tâches qui ne se conforment pas aux études qu’elle a faites et beaucoup de stress à chaque rencontre avec ses supérieurs, elle prend le temps de penser aux alternatives. « Je suis à la recherche d’un travail qui correspondrait à ce que j’ai appris. Le souci, c’est que je ne m’y donne pas à cent pour cent, je me trouve toujours des excuses. » En quatre ans, Andrianina a réussi à accumuler des expériences. « J’aime le travail en soi, c’est juste que j’ai l’impression d’avoir appris tout ce qu’il fallait apprendre en ces quelques années. Il n’y a plus rien de nouveau, rien de passionnant. Mes journées au boulot sont les mêmes, plus de surprise. » La jeune femme espère bientôt se retrouver dans sa vraie passion. Vivre d’un métier qui ramènera sa flamme : c’est son prochain objectif.

Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir