OLi : Confort recyclé
13 décembre 2025 // In & Out // 3397 vues // Nc : 191

En utilisant des fibres de polypropylène issues de chutes industrielles, OLi fabrique des matelas de qualité, mais à des prix plus accessibles. Une alternative locale au coton, beaucoup plus coûteux, portée par l’idée qu’aucun Malgache ne devrait dormir à même le sol.

Tout a commencé presque par hasard. Durant le confinement, alors que le commerce ralentissait et que le coton voyait ses prix grimper, Madame Razafy confectionnait des coussins et des oreillers. Un jour, un client lui commande un matelas de sol pour son père souffrant du dos.

« Il voulait un produit confortable, sain et facile à entretenir. Quand il est revenu me dire qu’il dormait enfin bien, j’ai compris qu’il y avait là quelque chose à creuser », raconte-t-elle.

Pendant deux ans, elle et son équipe testent la matière, recueillent les retours, cousent, ajustent. En 2021, OLi commercialise ses premiers matelas, entièrement cousus à la main. « Les clients nous disent qu’ils dorment mieux, que la sensation est différente : plus ferme, mais reposante », confie-t-elle. Étanches sans être plastifiés, les matelas se nettoient plus facilement, « d’un simple coup de lingette », comme l’explique celle qui les a inventés. Et la texture conserve la douceur du tissu.

Grâce à cette innovation, OLi parvient à proposer des matelas à des prix abordables, tout en réduisant les déchets. « Beaucoup de gens n’ont pas les moyens de s’offrir un bon matelas, alors que c’est essentiel pour la santé. Nous voulons rendre ce confort accessible », souligne Madame Razafy.

Le projet s’enracine aussi dans une conviction plus ancienne. « En 2002, alors en déplacement dans les provinces, j’ai vu des familles dormir à même le sol. Ça m’a marquée. Aujourd’hui, nos matelas équipent des orphelinats, des pensions, des employés de zones franches et des associations humanitaires », ajoute-t-elle. En transformant les rebuts d’usine en produits durables, OLi démontre qu’innovation, écologie et solidarité peuvent partager le même lit.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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