Mitsinjo : Slam addict !
10 novembre 2024 // Littérature // 6220 vues // Nc : 178

Mitsinjo, un nom qui évoque l'anticipation, est une jeune poétesse et slameuse malgache dont la plume et la voix ne laissent personne indifférent. Étudiante et passionnée d'art oratoire, elle utilise le slam comme un moyen de sensibiliser et d'éveiller les consciences à travers des textes bruts et percutants.

Sur scène, Mitsinjo aborde des thèmes variés. Bien qu'elle explore parfois des sujets personnels, elle choisit de ne pas les partager en direct lorsqu’ils sont trop chargés d'émotions. « Quand cela me procure trop d'émotions, je préfère le publier sur ma page Facebook, mais jamais sur scène. J’y apporte plutôt un personnage », explique-t-elle. Ses textes touchent à des sujets universels comme l'amour, mais elle préfère les textes agressifs, ceux qui conscientisent et sensibilisent sur les problèmes sociaux. « L’émotion qui m’inspire le plus est la colère. Je m’exprime dans mes textes, et je prends vraiment le temps de travailler dessus en jouant avec les figures de style. » Pour Mitsinjo, l’inspiration se divise en deux parties. Parfois, elle arrive spontanément, la réveillant même en pleine nuit, et elle se met à écrire tout ce qui lui traverse l’esprit. D’autres fois, un thème lui est imposé et elle doit alors prendre le temps de trouver la meilleure manière de l’aborder, en travaillant méticuleusement sur les figures de style. Elle jongle entre le français et le malgache, chaque langue apportant une nuance différente à ses œuvres : « Il y a des textes très psycho où je suis à l’aise avec le français. Mais pour d’autres, la langue malgache s’impose naturellement. »

En effet, c'est en 2022 que Mitsinjo fait ses débuts sur scène lors d'une performance au CRAAM à Ankatso. Ce moment marque le début de son aventure dans le slam-poésie, bien que l’écriture a toujours été présent. Depuis 2015, elle remplissait des carnets de pensées et de poèmes, notamment pour sa mère lors des fêtes. Mais c'est en rencontrant une amie partageant la même admiration pour le célèbre slameur Épistolier, qu'elle découvre véritablement l'univers du slam. « Elle m’a parlé de ce monde, et je l’ai convaincue de m’emmener avec elle à une scène ouverte. En juillet 2022, j’ai décidé de monter sur scène parce que je trouvais ça trop bien ! » Sa première prestation fut stressante, mais malgré cela, elle a su faire face et s'en sortir avec brio. Depuis ce jour, elle ne s'est plus arrêtée. « C'est devenu comme une drogue », confie-t-elle. Toujours active, Mitsinjo participe aux scènes ouvertes organisées par Madagaslam dans des lieux emblématiques d'Antananarivo comme l'IFM, le CGM, ou encore l'AFT. Elle s’essaie également aux tournois, continuant de perfectionner son art tout en apprenant de chaque expérience.

Si elle devait choisir l'une de ses œuvres favorites, Mitsinjo citerait son premier texte en anglais, « When Thoughts are Poetic ». Ce poème, qu’elle a partagé en vidéo, a marqué un tournant dans son parcours créatif. Une autre de ses œuvres, une vidéo sur la vie à l'Université d'Antananarivo, est devenue virale sur Facebook. Ces réussites lui donnent la motivation de poursuivre son écriture, surtout en anglais, et de s'engager dans des tournois, déterminée à ne pas abandonner. Mitsinjo souligne d’ailleurs l'importance de la résilience dans son domaine. « Ne jamais abandonner après une défaite, ne pas être trop confiante, s’entraîner constamment et toujour, donner le meilleur. » Pour Mitsinjo, l’art oratoire est une arme puissante pour transmettre des messages et sensibiliser les gens sur les réalités sociales. Elle n’a pas fini de faire entendre sa voix sur les scènes du slam et de la poésie à Madagascar.

Cédric Ramandiamanana

Facebook : Mitsinjo Poétesse slameuse
0342966983

Renaissance

Je suis tombée souvent mais à chaque fois ,je me remets
Sur mes deux pieds
Sans besoin d'être dopée
Et peut-être pas de mes cendres, mais je renais
Ils dissent qu' "On ne vit qu'une fois" mais je renie
Je mets chacune de mes vies en remix
Le levé du soleil symbolise une chance nouvelle
Une naissance, un nouveau départ, un début
De l'inspi pour commettre encore plus d'insolence
Pour continuer à écrire, à exposer mes délires, à faire des jeux de mots, d'allitération ou d'assonance
Pour construire d'autres mondes ces fois où je suis esclave de l'insomnie
Pour grandir en talent et en taille, pour atteindre ce fameux sommet

Alors je travaille mes sonnets
Mais on en est loin
Enfin, pour l'instant
Sauf que rien ne nous empêche de rêver
Rien ne nous dit qu'on ne peut pas y arriver
Il suffit de passer de l'autre côté de la rive
Et de tout virer au top de la vertu
Avoir de l'envergure
Le temps ne s'arrêtera pas,
Il est temps de défier la paresse
La réalité frappe en plein figure
Et le vent lui, il caresse
Chacune de mes cellules meurent en temps voulu
Pendant que d'autres réapparaîssent
Un répis m'est necessaire avant qu'une nouvelle fois je rennaisse

Mitsinjo 28/08/24

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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