Lofo Nirina : Maintenant les Russes connaissent le skate malgache !
9 novembre 2022 // Loisirs & J’ai essayé // 5082 vues // Nc : 154

Il a représenté Madagascar lors du championnat international « Grand Skate Tour » en Russie, en septembre dernier. Face à ses adversaires de trempe internationale, Lofo Nirina ne s’est pas démonté et a pu se hisser en quart de final, en tête des pays africains. Une grande victoire pour ce gamin issu des quartier populaires.

Grâce à son titre de Champion de Madagascar, Lofo Nirina a eu l’énorme surprise de se voir invité par la Fédération russe de skateboard pour participer à la deuxième édition du Grand Skate Tour qui se tenait à Moscou du 2 au 11 septembre. « Vers la mi-août, la Fédération russe m’a appelé pour m’annoncer cette invitation. J’étais à la fois fou de joie et… déçu, car je n’avais pas les moyens de me rendre personnellement à Moscou. Mais j’ai finalement compris que tout était pris en charge par la Fédé. Je n’avais que trois semaines pour avoir tous les papiers administratifs, style passeport, car c’est la première fois que je voyageais hors de Madagascar. »

Madagascar figurait parmi les sept pays africains et les 25 pays participants. Pendant dix jours, Lofo Nirina a donc pu côtoyer les plus grands skateurs internationaux, ceux qu’il avait l’habitude de regarder sur internet ! « Il y a eu deux jours de compétition et le reste était consacré à des conférences, des rencontres et à la présentation des participants. J’ai eu l’occasion de parler de Madagascar et de leur faire comprendre que nous ne vivons pas dans un dessin animé. » Durant ces deux jours de compétition, la Grande Île a d’ailleurs eu la meilleure note parmi les pays africains. « Ils étaient tous étonnés, ils m’ont dit que j’avais le niveau d’un professionnel. Là-bas, on peut être skater pro à 14 ans. »

Lofo Nirina s’est démarqué par ses techniques de sauts et sa personnalité, alors même que c’était la première fois qu’il expérimentait leurs super skateparks aux normes internationales, complètement inconnus dans son quartier  ! « Je suis plus petit que la moyenne mais j’excelle dans les sauts. J’ai pu faire la différence durant les démonstrations de rue (street spots) parce qu’ici, à Mada, on a l’habitude de s’entraîner dans les rues, dans les escaliers, sur les parkings. À l’époque, il n’y avait pas du tout de skateparks. On faisait nos figures dans les rues et on se faisait souvent courser par la police… »

Issu d’un quartier populaire, Lofo Nirina a fait de sa planche un mode de vie en soi. Et comme toujours à Mada avec trois fois rien et du matériel rafistolé. C’est ainsi qu’il a concouru en Russie avec un skate en bambou alors que la plupart sont en bois d’érable du Canada. « Le bambou les a pas mal bluffés. Le concept est purement malgache, ilo appartient à mon sponsor Gorisa Gorisa, mais la fabrication se fait en Asie. » L’un des principaux blocages à l’évolution de skate à Madagascar est bien sûr le coût du matériel. Une planche coûte 200 000 Ar tandis qu’un skate complet va chercher dans les 450 000 Ar. « La plupart des skateurs font hyperattention pour ne pas casser leur skate, et cela les empêche de s’entraîner à des figures plus acrobatiques, donc d’évoluer. Il est important de trouver une solution si on veut se présenter à l’extérieur comme une nation de skateurs. »

Avec la création de deux skateparks à Tana, les adeptes commencent à augmenter et en parallèle, le niveau du skate à Madagascar monte en flèche. « Au fil du temps, nous avons organisé des compétitions et les magasins de skates nous ont suivi pour sponsoriser ces événements. Moi-même j’ai arrêté mon travail d’animateur télé pour me consacrer entièrement au skate et devenir animateur et formateurs pour les enfants. » Une chose est sûre,grâce aux encouragements de ses pairs rencontrés à Moscou, Lofo Nirina se sent plus confiant quant à l’avenir du skate à Mada, étant lui-même la preuve qu’on peut y arriver.


Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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